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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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18 février 2020 2 18 /02 /février /2020 09:33

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 1

 

La civilisation occidentale rime avec liberté individuelle. Une civilisation-liberté de plus en plus élargie, de plus en plus inutile. _______________ Naturellement absurde.

Individualisme ? Soit ! Mais le solipsisme, alors ? Ou la schizophrénie ! Ou les psychopathies, les sociopathies ! Autant civilisé, individualiste, égolâtre, transgressif, blasphématoire – libre, libre libre ! – que l’on soit, on a peur de la solitude. On a peur de la folie du sans pair, du sans pareil, tout en clamant l’exemplarité du singulier. _______________ Mutants ! crient ceux qui se fient à la biologie. _______________ Fous ! s’esclaffent les admirateurs de la psychologie, de la psychiatrie, de la psychanalyse et d’autres psys encore. _______________ Des impurs ? ! _______________ Pas trop bio-philes, en somme ! _______________ Enfin, l’homme ! interviennent les adeptes de l’humanisme athée, démocratisant, dépersonnalisant et (finalement) auto-annihilant. _______________ Toujours l’homme, c’est à dire, Dieu ! épuisent leur litanie multimillénaire ceux qui croient apercevoir la fonte dépersonnalisante et libératrice dans la démesure divine. _______________ Qui y songent, fantasment, aspirent _______________ espèrent.

On pourrait continuer sans discontinuer à l’intérieur de cet infini où naquit un beau jour Patrice. C’est-à-dire, moi.

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Je suis Patrice. _______________ Patrice c’est moi.

Relation absurde, mais vraie. Relation insoluble. On dirait invivable si le contraire ne serait encore plus réel. Comme preuve, il est en vie, Patrice. Comme preuve, je suis en vie.

Je suis Patrice. _______________ Patrice c’est moi. _______________ Moi, c’est Patrice. _______________ Patrice-Moi.

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Patrice, donc, fut mis au monde par une bonne femme ni trop-trop, ni très-très, plutôt lambda-lambda. Une infirmière qui, en tant que personne (féminine), était probablement autarcique (très). Affranchie, libre, elle vivait seule. Elle était seule. _______________ C'est ce que Patrice savait d'elle. _______________ Sans doute, l’homme n’était qu’une annexe inutile de la bite. _______________ Pour elle. Pour le monde. Pour l'univers. _______________ On se demande même comment avait-elle fait pour tomber enceinte (de Moi). Notre cas enrichit et renforce les mystères frontaliers qui gouvernent l’espace entre le Hasard, la Providence et la Nécessité, à l’extérieur de l’être ; le Vouloir et le Pouvoir, à l’intérieur exclusivement.

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Patrice n’a jamais eu accès à la vérité. _______________ Je n’ai jamais eu accès à la vérité. _______________ Nous n'avons jamais eu accès à la vérité.

On ne connaît pas la vérité. On ne sait même pas ce que la vérité et le connaître veulent ou peuvent dire.

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On ne sait pas quand la folie s’y est installée. À vrai dire, on ne sait même pas si folie il y avait – ou autre chose.

Patrice se dit que la folie, sorte de vérité ballonnée, était passée par ici. Le diagnostic est saisissant ; et soulageant. Et tant pis pour sa signification glaçante ! C’est un état qui peut être étendue à la mort – à mort. Elle peut soulager, la mort, ceux qui la vivent.

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Désignée, la folie se laisse circonscrire. J’estime l’avoir contenue.

Je sais que je partage avec les animaux l’attention spontanée. Depuis un certain temps, j’examine spontanément ma propre mort. _______________ Mort particulière, la mienne est vécue tant que je suis en vie, à l’intérieur de moi.

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J’ai eu très, très tôt un premier contact avec la mort. Avant même ma naissance. Dans le ventre maternel. Si ce n’était pas même avant. Avant même le commencement des temps. (On ne garde pas beaucoup de souvenirs de cette situation. C’est ce qu’on dit, du moins. On considère actuellement que, si de tels souvenirs existaient, ils devaient être ensevelis très profondément dans le gouffre de la personne d’après. Parfois, directement dans l’oubli.) _______________ Patrice ne peut se montrer, donc, que très prudent à cet égard. _______________ Une sorte de sens supplémentaire me dit, pourtant, que c’était vrai. La mort, j’y ai touché avant ma localisation dans le ventre maternel. Puis, c’est elle qui mit fin à ma vie intra-uterine, qui mit fin à ma vie intra-uterine pour engager ma vie extérieure vouée elle aussi à la mort.

On est issu de la mort. Tous.

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On ignore avec beaucoup de superbe la mort des cellules qui nous composent, décomposent et recomposent.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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