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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 09:14

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 7

 

Quant à Lucie, j’embrasse les roses de ses seins, j’absorbe sa salive, j’aspire et pénètre son âme parfumée, le feu doux de son sexe soyeux. _______________ Avec tout ceci, elle fait des tableaux de la mort. _______________ Avec sa vie. _______________ Avec la mienne. _______________ Avec celle de ceux qui meurent qu’elle peint. Exemple : la vie, en tant que mort annoncée, de son grand-père. _______________ Avec tout ce qui meurt en elle, en Lucie, en tant que vie annoncée à peine. _______________ Avec tout ce qu’elle fait vivre dans la mort, Lucie.

Ça me fout la trouille.

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Il a quelque chose d’un père, Patrice, lorsqu’il approche Lucie. _______________ Un père incestueux. _______________ Le mien, je ne le connais même pas… _______________ Elle joue un peu – beaucoup – la Lolita. _______________ Je guette avec une certaine tendresse nostalgique son avenir de femme, de calice volcanique de la fécondité et tout ce que ça veut dire en termes de souffrance et de joie.

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Je sens le putride même quand il s’agit de doses homéopathiques. _______________ Patrice a la vision fulgurante de l’avant-embryon en train de mourir. Il sent cette mort d’une manière particulière. _______________ Il s’agit du fruit de ses propres entrailles. Pas d’air, pas de lumière, un noir tiède, pas de souffrance quantifiable. _______________ Il ignore à qui appartient la fertilité féminine en question. Sa masculinité lui suffit _______________ pour engendrer une sensation, voire un sentiment.

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Elles sont certainement très seules, maman et Lucie. Elles touchent (à) la mort. La mort reste la même. N'est-ce pas bizarre ? _______________ Toujours est-il que la mort du papillon n’est pas la mort de l’éléphant, de la poule, du microbe et j’en passe. Chaque mort succède à une vie particulière, singulière. Elle évoque une vie bien particulière, bien singulière. Sinon, comment ? _______________ À ne rien comprendre, finalement. _______________ Et puis, à quoi bon comprendre ?

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            Elles se soupçonnent réciproquement. Elles sont chacune l’explication de l'autre _______________ et sa. Elles se vampirisent réciproquement.

Par ailleurs, je ne capte pas la vision de la mort portée par les enfants de l’Immortel. Ils s’efforcent de le retenir ici, à coté d’eux, à coté de nous. Pourquoi ? _______________ Considéreraient-ils que la vie serait quelque chose de bon qui impose d’être vécue dans toutes les circonstances possible ? (Cas où ils aimeraient le vieux.) _______________ Ou bien, auraient-ils peur de la mort, quoi qu’elle soit, où qu’elle soit, tout simplement ? (Cas où ils se sentiraient obligé de « sauver » leur père tout en le haïssant pour le mal qu’il leur provoque, avec sa méthode à lui de ne pas mourir ?)

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Patrice, paraît-il, serait autorisé de se poser des question compliquées et idiotes. Le vieux doit mourir. C’est la loi du vivant. Mais nombre de gens s’y opposent. Y compris lui-même, le vieux. Y compris lui même, Patrice, le médecin-chaman. Y compris elle-même, la mère de ce dernier, l’infirmière en chef, dont on disait qu’elle pratiquerait « un certain art ».

L’Immortel ne se laisse pas mourir. Il obéit à sa famille, qui lui crie dans les oreilles, qui le gifle, qui le pince.

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Tout le monde le sait, il faut tuer le père. C'est une obligation ontologique. Si l'on le laissait en vie, on n’était plus un être humain constitué. Il n’y a plus d’espoir pour l’humanité si le père n’est pas tué. _______________ Mais dans quel monde vit-on ? se demande Patrice. Quel père pourrais-je tuer, moi. Mon père m’est inconnu. Le père m’est inconnu. À jamais. _______________ Des spasmes larmoyants me suffoquent. Je suis mélodramatique. Humain. Mélodramatiquement humain. _______________ Mon père c’est ma mère.

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Le rapport de Patrice aux enfants a été longtemps nul. _______________ Je n’y pensais même pas. _______________ Il y a peu de temps, sa psyché fit un saut qualitatif important. _______________ Lorsque je faisais l’amour à Lucie, je sentais une impulsion fertilisante venue de mes entrailles les plus profondes, de mes tréfonds ou même de l’au-delà d'eux. _______________ Patrice voulait faire un enfant à la gamine. Il voulait l’aimer jusqu’à la maîtrise totale. Il voulait la maîtriser, jusqu’à l’amour total. _______________ Je suis, comment dire, nostalgique.

- Honteux et nostalgique et bien.

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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