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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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20 avril 2020 1 20 /04 /avril /2020 06:57

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 9

 

Toujours de la physiologie immatérielle. _______________ Patrice prend en compte le cas de l’Immortel.

L’état interne du mourant revenu parmi les vivants lui était devenu subitement très clair. L’Immortel n’était plus capable de faire. Mourir c'est faire et il ne mourait pas. La métabolisation de son esprit, cas minuscule, voire négligeable, de la Grande Métabolisation, n’était pas une création, comme dans le cas de Lucie, mais une excrétion. L’esprit métabolisé, dans son cas, était de la matière corrompue. Il était laid, vieux ; il puait de tête.

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À travers l’Ineffable j’ai aperçu l’Esprit. La matière connue (happée !) par elle s’était dissoute, était devenue transparente à l’intérieur de la vieille. La matière y mutait – notamment en Esprit. _______________ Ils ont quitté la matière, la vieille et son esprit. Ils ont quitté la matière où je demeurais. Ils ont quitté mon extérieur pour gagner mon intérieur, pour envahir mon intérieur – où je n’y étais pas ; pour m’envahir intérieurement. _______________ Avec son fils, les choses se sont passées dans le même registre, mais différemment. La matière y est devenue Désespoir. Pour très peux de temps. _______________ Il se suicida.

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Lorsque la vieille trépassa, la cause de l’existence de son rejeton – prolongée en raison d’être – cessa d’agir. Elle se vida de contenu. D’où le Désespoir et la soif de Néant de ce rejeton. Dont j’en hérite. Sous une forme ahurissante qui ne porte pas de nom ni de contenu.

De côté de l’Immortel, le processus prend le sens contraire. L’esprit devient pesant et opaque. Il renferme le noir de plus en plus pur et lourd de la Matière qui se dirige vers le centre de la gravitation.

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La cabine de l’ascenseur s’arrêta et le brancardier poussa vers l’intérieur la civière sur laquelle se trouvait l’Ineffable. Vieille, menue, ratatinée, avec une expression de souffrance et de grande compréhension sur sa figure. Mais pas seulement. De tout son être exhalait une dimension, une valeur, comment dire, post-humaine. _______________ Inhumaine. (Déjà.)

Après la civière et après le brancardier, c’est le Travesti qui se faufila dans l’ascenseur. Il me salua d’un geste court et sec. Il n’était pas trop pomponné ce matin. Il était presque masculin.

La vieille esquissa un sourire. Un très faible mais très doux sourire. Adressé à personne.

Quant à son fils, il était de toute évidence abasourdi. Elle allait mourir. _______________ Elle fit un geste. Une ombre. Un zeste. Elle voulait dire quelque chose. Son regard était devenu un gouffre béant. _______________ Son fils se pencha vers elle, en la dévisageant intensément. _______________ Elle avait déjà détourné son regard. Elle était déjà perdue.

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Des courts circuits, des raccourcis ! Je sens la rupture, la Grande Rupture qui fend mon être en deux parties inégales et totalement séparées. _______________ Pour Patrice le monde actuel devenait le théâtre d’un clivage qui remettait en question nos idées sur la dimension.

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Une rupture se fit sentie. Le film n'était plus visible. _______________ Patrice n'était plus visible. Il était caché derrière une cloison de non-savoir. _______________ Difficile de dire s'il se cachait ou s'il était caché. _______________ L'ignorance étouffait le monde. _______________ L'Ignorance était en lui. L'ignorance c'était lui.

_______________ _______________ Délire ? Délire ! _______________ _______________

La bataille se donnait dorénavant entre l’adimensionnelle Machine Occidentale et l’Immensité Orientale. Deux géants illimités kitsch à qui mieux mieux, très différents et très puissants, voire déterminants. La Machine Occidentale acceptait le Chaos et, comme conséquence justificative, la volonté. L'Immensité Orientale était en manque de volonté (comme de beaucoup d'autres choses) car rapportée au Vide, au Rien.

Le vieux délirait. _______________ Sérieux ? _______________ L'immortalité le torturait. _______________ La vérité se trouve à l'extérieur. Dès qu'elle pénètre l'humain, elle cesse d'être. L'humanité est le bourreau de la vérité. _______________ La vérité ne peut être domestiqué. Comme preuve, la mort. Dès qu'elle pénètre l'homme elle le déshumanise... _______________ Les parties engagées dans cette confrontation asymétrique nouaient des contacts inattendus et incongrus. _______________ Patrice s’efforçait de repousser une forte sensation d’inconsistance. _______________ Les énergies déchaînées en présence s'avéraient furieuses, démontées. La fureur primaire, élémentaire s’érigeait, dans la déboussole du jeune médecin, en cause initiale des deux dernières conflagrations mondiales. _______________ (L’Histoire ne voulait pas s'effacer.) _______________ De toute évidence, je me perdais dans une scénographie inattendue. Dans une géographie inconnue. Dans une cosmographie indétectable. Qu’est-ce que les deux Guerres avaient à foutre dans ma vie actuelle ? _______________ Cette Histoire, alors !

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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