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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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27 juin 2020 6 27 /06 /juin /2020 07:58

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 19

 

Les regards auxquels Patrice a droit de la part de la famille du mourant, intrigués au début, sont aujourd’hui irrités, hostiles, presque malveillants. L’exception que représente Lucie confirme la règle. Plus encore, la présence de la jeune fille dans cette histoire devient une des sources les plus corrosives de l’énervement, de l’irritation des autres, des siens. _______________ Mon pouvoir de chaman, pourtant, et le fort savoir-pouvoir sous-liminal de ma mère, font que les réactions de la meute ne soient pas trop violentes. À cela il faut ajouter la gêne provoquée par les pseudo-départs/retours du vieux.

Ils ne veulent qu’il meure, ni qu’il vive.

C’est ce qu’ils ne veulent pas.

Mais que veulent-ils ? Que pourraient-ils vouloir ?

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Ce qui est fou et en même temps très bon ! Nous nous dévorons à trois l’un l’autre, l’Immortel, Lucie et moi. _______________ La mort qui ronge le vieux nous apparaît différemment à Lucie et à moi. Pour elle c’est de la couleur au bord du détournement, de la perversion. Pour moi c’est du chaud au bord de la glaciation. _______________ Après, tout part en vrille. Le vieux ne peut être pour Lucie qu’une lumière particulière. Un écho du crépuscule, couplé avec un écho de l’aube. _______________ Pour ma part, je ne peux être qu’une sangsue capable de fluidifier son suc vital rendu visqueux par l’âge et par la rancune, en le déplaçant dans mon esprit – et de là, dans l’esprit de tous, dans l’esprit tout court. _______________ C'est moi le créateur de tous.

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L’Immortel doit se poser des questions sur l’intérêt que je lui porte.

Qu’est-ce que j’ai à foutre de son état de santé, de son état de vie ?

Il doit se dire que, en réalité, ce que je vise n’est que le minou de la petite Lucie. Je ne le trouve pas assez fin d’esprit pour s’apercevoir que je guette aussi le noir et le froid qui s’emparent de ses cellules.

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Quant à Patrice, il regarde Lucie avec des tentacules de pieuvre._______________ La situation s'avère volatile et embaumée. _______________ Avec le vieux, elle regarde la mort comme jadis les filles de Loth. _______________ Elle se fait fertiliser par la mort de l’Immortel. _______________ La mort tarde de se montrer dans toute sa splendeur. _______________ Elle s'en charge de cette splendeur, la petite, la Lucie. _______________ Avec moi, elle plonge dans une complicité illicite mais fraternelle. Nous la justifions par l’abîme du temps ouvert autour de nous.

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J’ai beau parler du fait que l’on se dévore réciproquement. _______________ Le vieux mourant, la délicieuse Lucie et ma mère : des pitoyables pailles auxquelles je m’accroche pour ne pas sombrer dans l’incohérence. _______________ Une mort cellulaire (le vieux), une vision vaironne (Lucie), des puissances sous-liminales (maman). _______________ Ce qui compte, ce d’où l'on part pour y arriver. _______________ C’est moi, toujours moi, avec mes compétences et mes incompétences existentielles qui me rendent fou, qui me remettent à Dieu plein d’amour mais aussi d’abominables immondices.

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Question : Si j’ai fait l’amour avec la vieille, ne serait-il pas possible que – par symétrie ou par hasard – les choses se répéteraient « en miroir » avec Lucie et l’Immortel ?

- Ont-ils couché ?

- Ferraient-ils partie de mon auto-portrait ?

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

 

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