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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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20 juillet 2020 1 20 /07 /juillet /2020 06:58

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Ne pas mourir 21

 

Un jour, je trouvai la vieille seule. (Sa voisine de chambre était sortie pour des examens.) Elle était alitée, comme toujours, un peu sur son séant. Son dos fortement voûté ne lui permettait pas de s’allonger. La peau flasque de ses joues pendait sous sa mâchoire et en dessous de ses yeux gris à moitié couverts par des paupières ridées.

En m'apercevant, son attitude tourna en sourire. Un sourire corporel, très doux. _______________ Son être me pénétrait, me transperçait à partir de son corps décharné. _______________ _______________ Ne savais pas si elle voulait quitter son corps décrépit pour atteindre le froid de glace ou si c’était ce corps-même qui émanait _______________ le froid _______________ toute la valeur terrible de la chaleur. _______________ Subtilité terrifiante du froid et de la chaleur.

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Notes Initiatiques

cueillies dans les feuilles envoyées à Patrice

par le Travesti avant son suicide

Tant que nous métabolisons des particules minérales pour construire et déconstruire notre corps, nous sommes assujettis et asservis à la chaleur.

Nous croyons assimiler de la matière quand nous nous nourrissons, quand nous nous désaltérons, quand nous respirons. Mais, en réalité, c’est une question de chaleur.

Tant qu’elle se trouve à l’intérieur de notre estomac-intestin-poumon, la matière (non-assimilée) reste encore à l’extérieur de nous. L’extérieur traverse notre corps. C’est uniquement quand la matière passe de l’autre côté des parois digestives ou pulmonaires que la chaleur surgit en nous, qu’elle parvient à y être.

C’est la croyance d'aujourd'hui.

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Si la matière est continue, elle l’est exclusivement à l’extérieur de la vie. À l’intérieur de la vie, elle est discontinue. Ou, plutôt, suspendue. Souvent elle n’est plus.

La vie n’est nullement matérielle. Ni la matière, vivante, d’ailleurs.

Néanmoins, à un certain niveau suprasensible de l’existence, elles se conditionnent réciproquement, la vie et la matière. Et c’est là, à ce niveau de et du conditionnement, notamment, que la chaleur se présente. 

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Quand tu regardes avec ton microscope les cellules, les autres corps et bribes étalés sur la lamelle, tu sens le monde s’écrouler sous tes pieds.

Qu’est-ce qu’il se trouve entre tous ces micro-morphismes ?

De la température ? De la chaleur ? Du magnétisme ? De l’électricité ? De la gravitation ? De la compréhension ? Du mouvement ? Du moment ? Du repos ? De la relativité ? Du mal ? Du bien ? De l’amour ?

Tu retournes ensuite les questions, pour t’inquiéter de ce qui se trouve – ou pas – là-haut, entre les astres, entre les constellations et dans tout ce bazar.

Tu reviens aussi à toi pour constater, pour t’apercevoir que tu peux te constater, t’apercevoir toi-même. Comme si tu pouvais mettre une distance sans contenu, inconsistante, non-incarnée entre toi et toi-même.

Tu reviens aussi à toi pour te dire que la folie n’est jamais loin, qu’elle rode toujours autour et qu’elle réclamera bientôt son dû.

Tu te retrouves dans un volume brumeux en permanente formation et déformation.

Toutes les représentations que l’homme se fait demeurent, dit-on, dans le système nerveux. Mais il faut constater qu’il y a une translation ou une transition de ces représentations vers l’extérieur du système nerveux.

Nous pouvons nous emparer d’un objet à l’aide de notre main et de notre bras justement parce que la représentation de l’objet transgresse notre système nerveux, pour déclencher le mouvement du bras et de la main (muscles, tendons, os et système circulatoire compris).

À l’occasion de ce mouvement, des cellules et des tissus sont mis à l'épreuve, abîmés et disparaissent.

(Cette disparition est signalée par des toxines spécifiques, qui font leur apparition dans les selles, urines, expirations, transpirations).

Pour remplacer ces tissus et ces cellules, l’organisme appelle le sang.

L'organisme consomme du sang.

Le sang sait comment agir, comment se faire consommer.

Le sang est porteur d’un savoir individuel, d’un système de connaissances personnelles, d’un type particulier de conscience : les connaissances et la conscience du Moi.

Alors, ton attention toujours braquée sur le sang, avec toutes ses particules grossies par le microscope, tu constates que c’est ton Moi qui y crèche.

Tu ne peux pas indiquer la forme et la position de ton Moi.

- La seule chose au monde qui ne porte et qui ne peux pas porter de nom c’est le Moi.

Quand je dis Moi, je m’indique moi-même autant aux autres qu’à moi-même. Quand c’est toi qui veux m’indiquer, tu ne dis pas Moi, mais Toi.

Le Moi ne peut pas porter de nom. C’est le phénomène du « Je suis le JE SUIS ». Le Moi c’est Dieu. Mais tout ça, bien évidemment, dans le monde d’aujourd’hui, c’est fou.

Vrai – mais fou. À la limite, vrai – donc fou.

Par conséquent, à ne pas nommer. À ne pas dire.

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Je sentis toute la valeur terrible de la chaleur.

Toute la subtilité – et celle du froid et celle de la chaleur.

Je pense avoir couché avec la vieille – Moi. _______________ Moi ? _______________ Patrice ?

 

 

En vente chez moi et sur Amazon (version brochée), sur Kindle (version ebook)

Blog : www.alexandre-papilian.com/

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