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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 13:28

Avant propos

                Il n’est pas rare qu’on pense pour les autres. Mieux encore : à leur place. ----------- Le phénomène politique, certes, en témoigne. Avec ses quintessences, avec ses cimes : la dictature et la tyrannie. ----------- Plus que ça encore, d’une manière encore plus « banalisée », la famille, la tribu, le gang, etc., en sont souvent l’arène où il évolue (espèce de gym artistique) cette donnée ontologique -----------  (parfois appelée « culture »). -----------

----------- On n’est pas (un) humain ----------- si on ne pense pas pour l’autrui ----------- voire à sa place. ----------- si on ne (lui) fait pas sa culture. -----------

Ni la vache, ni la mouche ne songent pas pour ----------- ou à la place d’----------- une autre vache, respectivement pour ----------- ou à la place d’----------- une autre mouche. Ni la vache pour ----------- sa mouche ; ni la mouche pour ----------- sa vache. Chaque vache avec ses ----------- mouches, chaque mouche ----------- avec sa vache. ----------- Mais sans songes de vaches ou de mouches… (----------- Ou qui sait ? ----------- En tout cas, il y a pas mal de vaches et encore plus de mouches ! Dieu sait leur nombre. ----------- Si nombre il y a ----------- dans leur cas ! ----------- Enfin, c’est ce qu’on croit ! -----------)

Dans ce qui suit, pourtant, il ne sera question ni de vaches ni de mouches. Mais, il aurait pu en être ainsi. L’avatar de Vicky, évoluant dans son espace contemporain d’où les vaches et les mouches s’absentent -----------manifestement, ostentatoirement -----------, cet avatar, donc, aussi les autres, qui composent ensemble le trame de ce croquis, ne sont pas vraiment loin de s’inscrire dans l’univers caractérisé ci-dessus.

----------- Peut-être ! -----------

----------- Hm !----------- Enfin ! -----------

 

 

 

Vu les chiens !...

(croquis)

 

Toute rencontre repose sur une confrontation. L’homme, aussi paisible qu’il soit, n’est qu’un guerrier aux aguets. Il est voué à la confrontation avec ses pairs. Et, s’ils ne sont pas présents au rendez-vous, les pairs, il s’en invente.

Voilà, grosso modo, les pensées qui traversaient l’esprit de Vicky lorsqu’elle se laissait porter par un escalator des Halles. Elle devait prendre le métro pour juste trois stations. Aller à la banque c’est rarement un plaisir. Du moins pour Vicky. Cette fois ne faisait pas exception. Le découvert à venir était trop important pour que la mi-garce ennuyée qui soutenait être sa conseillère, ne réagisse pas d’une manière plus ennuyée et ennuyeuse que d’habitude. Aigre. Acre. Désagréable. Il va falloir lui fournir des explications. Il va falloir lui dire des trucs intimes. Pire que dans un confessionnal. C’était ça, le banquier d’aujourd’hui. Le sien, une mi-garce ennuyée. Le pouvoir immatériel, permettant (imposant même) le sermon, se trouvait entre les mains de cette bonne femme, maintenant, qui, elle, après avoir nourri son mâle et ses sales gosses, après les avoir embrassés avant qu’ils ne partent pour leurs foutus bureaux et école, avait pris la voiture ou, qui sait, peut-être le métro, comme elle même, Vicky, à présent, pour se diriger vers son agence (celle de Vicky aussi ; leur agence, donc, à toutes les deux, non ?), pour ouvrir la porte de son bureau éclairé à la lumière artificielle, sans fenêtres et climatisé, pour appuyer sur l’interrupteur de l’ordinateur, pour changer ensuite de chaussures, pour sortir du placard certains dossiers, pour parler dans le récepteur du téléphone, pour recevoir des gens et, parmi eux, elle, Vicky... Pitié ! La pauvre !

Un hoquet de sarcasme secoua Vicky qui, arrivée en bas, empruntait le tapis roulant. La pauvre !... Elle, « la banquière » ! Pas elle, Vicky !... Ce n’était pas du vrai non sens, comme disent nos voisins de l’outre-Manche, « les grand-bretons » ?... L’expression lui apporta le sourire aux lèvres.

Au bout du tapis roulant, la grande salle souterraine s’ouvrait avec générosité à tous les passagers. L’un plus anonyme que l’autre. Plus anonymes que ça, tu meurs ! Ils arrivaient de partout. Ils se dirigeaient vers le même partout.

À l’entrée d’un des tunnels, trois jeunes. Plus ou moins colorés, enveloppées dans la laideur vestimentaire agressive et inutile, spécifique aux bons-à-rien. Ils se faisaient de plus en plus nombreux ces jeunes-là. Dans des endroits publics, comme celui-ci, dans des grandes stations de métro et de R.E.R.... C’était leur cage d’escalier urbaine, métropolitaine, parisienne. Des banlieusards, sans doute. Des habitants des cités, sans doute. Des nouveaux barbares ! Ils se faisaient contrôler par des agents de Sécurité de la R.A.T.P.. Ils étaient accompagnés par deux pitbulls tenus en laisses métalliques, des muselières sur leurs gueules. Les agents, eux aussi, étaient aidés dans leur existence par deux chiens; de race indéfinie, tenus eux aussi en laisse métallique et muselés, eux aussi. Entre les contrôleurs et les contrôlés, une différence de tenue, seulement. D’uniforme. Apparemment. Deux agents fouillaient deux des jeunes aux bras écartés du corps. Les autres parlaient dans leur talkie-walkie, vérifiaient les papiers du troisième, se tenaient prêts à intervenir si nécessaire.

Les gens passaient, en jetant des regards indifférents vers la scène. Certains ne regardaient même pas. Pour eux, la scène n’existait pas. Même pas. Y en avait pas.

Vicky capta le regard vif de l’un des jeunes. La peur et la haine y faisaient bon ménage avec la recherche fébrile et agressive d’une solution qui ne venait pas. Elle aperçut aussi l’expression un peu figée, crispée, des gens en uniforme – leur certitude d’avoir affaire à des malfaiteurs. Dissimulés. Cachés. Potentiels, en tout cas. Leur peur qu’un de ces malfaiteurs plus ou moins en herbe va sortir un couteau. Ou Dieu sait quelle autre arme. Qu’ils seront obligés de se défendre. De dégainer. De tirer...

Un des agents sortit de la poche d’un des perquisitionnés quelques doses de came, dans des petites enveloppes. Le regard du jeune devint opaque. Sans hésitation, un autre agent s’empara des menottes qu’il portait à sa ceinture et les passa au jeune.

Vicky gagna la bouche du tunnel qui allait la conduire vers le quai d’où elle allait prendre le métro pour trois stations, pour rencontrer la demi-garce-prêcheresse de la banque, avec laquelle elle allait avoir peut-être une confrontation. Ou non. Tout était possible.

Une fois montée dans la voiture du métro, elle pensa encore un peu aux chiens qu’elle venait de voir. Ils ne remuaient même pas leurs queues, ne se sentaient pas réciproquement. Ils étaient tenus en laisse. Ils étaient muselés. Ils étaient dressés. Terriblement bien dressés. Ceux des voyous, comme ceux des agents. Ils n’étaient ni libres, ni fous. Leur confrontation, pour qu’elle ait lieu, attendait un ordre. Un ordre qui ne venait pas... Même si les humains, leurs humains à eux, aux chiens, étaient en pleine confrontation ! Ou, peut-être pas. Peut-être qu’il n’y a eu aucune confrontation. Aucune. Nulle. Zéro... Tandis qu’à la banque !... Avec la prêtresse-garce-mère-de-famille !... Ou, qui sait ?... Vu les chiens !...

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