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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 09:38

Avant propos

La différence entre l’intérieur et l’extérieur n’est plus évidente depuis que la personne – interne et/ou externe – fit son apparition dans la région, de l’esprit, voire dans l’esprit même.

La détermination réciproque, l’inter-détermination de l’extérieur et de l’intérieur ne pose pas de problèmes à l’esprit, une fois la personne enracinée dans le monde. L’inter-détermination est acceptée comme un acquis d’avant la Création, qui mérite à peine une attention fugitive, pratique, utilitaire, réflexogène. ----------- Pas très loin, dans l’historie des théories atomique, Heisenberg a établi même un « principe d’indétermination », qui pourrait démolir les modèles de la détermination simple ou réciproque. Ce qui – pourtant, n’est pas du tout sûr, mais qui peut servir comme base de réflexion adjacente dans le domaine…----------- Lorsque le Citoyen Lambda prend connaissance du fait qu’il possède un intérieur et un extérieur afférent (ou vice versa, un extérieur et un intérieur afférent), il est sur le point d’assister ses réflexes correspondantes, de l’intérieur et de l’extérieur, dans leur confrontation et, du coup, il passe dans l’univers des équilibres dynamiques, très-très proche de celui du déséquilibre. Il perd, d’ailleurs, son équilibre de plus en plus souvent, Monsieur Tout-le-Monde. À juste titre ! L’endroit où l’intérieur de chacun s’imbrique avec son extérieur n’est qu’un fil de rasoir morganatique. C’est pareil pour la droite et la gauche ; pour le haut et le bas ; pour les nombres ; pour les parents et les enfants ; pour l’amour et le désamour ; pour l’intime et le public ; pour la vie et la mort. ----------- De quoi devenir fou ! – Ou pas.

Peut-être qu’il s’agit de la quintessence de la normalité ; et de celle de l’anormalité appropriée, correspondante.

De l’intérieur, de l’intime, donc, dans ce qui suit. ----------- De l’intérieur ----------- de l’intime ----------- e tout.

 

        

À l’intérieur

– prose tangente à l’intérieur et à l’extérieur afférent –

 

- Maman dit qu’il faudrait faire quelque chose. Elle est gloutonne. Elle mange comme un trou. Trop. Beaucoup trop.

Mireille se tait. Frédéric, allongé à côté d’elle dans le lit, se frotte légèrement d’abord les yeux, ensuite les joues.

- Ta mère dit beaucoup trop de choses, articule-t-il. Beaucoup trop. Sur tout. – On éteint ?

Le jeune homme se tourne vers sa gauche et cherche l’interrupteur de la veilleuse. La jeune femme suit son exemple et fait la même chose, du côté droit.

Le noir jaillit dans la pièce.

Un temps passe en silence. Ensuite, Frédéric dit :

- Non, vraiment, t’as pas de quoi t’inquiéter. Elle est uniquement trop jeune. Elle a besoin de beaucoup d’énergie, de manger. Beaucoup. Même plus qu’elle ne le fait, peut-être. Elle consomme énormément. Si ce n’est combien elle court et saute. Pour ne pas parler de combien elle crie. Non. Vraiment, non. C’est tout à fait normal.

- Tu crois ? Est-ce bien normal ? T’as vu toi-même tout à l’heure. Elle s’endormait en mangeant sa soupe. Elle dormait pour de bon. Jamais vu ça de ma vie. Elle dormait pour de bon. Mais elle mangeait quand même. Pour de bon. C’est inouï !

- C’est drôle ! Attendrissant et drôle, c’est vrai. Très drôle.

- Est-ce que c’est de toi que ça vienne ? Tu faisais pareil quand tu étais petit ?

- J’pense pas. Personne ne m’a rien dit dans ce sens. Ni mes parents, ni mes frères.

- Tu vois ? Moi non plus. Cela ne vient pas de moi. Moi, j’étais même difficile. Je faisais la petite bouche tout le temps.

- Et alors ?

- Alors, ça ne vient pas de nous, ni de toi, ni de moi. C’est du pantagruélisme !

- Pantagruélisme – toi, alors !…

- Ben oui. Pantagruélisme ! Comment peux tu appeler ça sinon pantagruélisme ? Tu vois bien ! Et quand je voulais lui donner son biberon ? Tu te souviens, hein ! J’devais entrer dans la pièce en cachant la bouteille derrière mon dos. Sinon, elle se mettait à hurler tellement fort qu’elle n’arrivait plus à fermer sa petite bouche et à attraper la tétine.

- C’était très drôle. Terrible. Enfin !

- Voilà. Terrible. Trop, je veux dire. C’est pas que maman dit ce qu’elle dit. C’est qu’elle vit ce qu’elle vit. C’est que je pense qu’elle vit trop à son intérieur. Tu comprends ? Je parle de la petite. Si elle hurle autant à la vue du biberon c’est qu’elle a envie de ce biberon. À l’intérieur d’elle. Dedans. Là-bas. C’est là que cela se passe. Et l’envie, cette envie, son intérieure envie paraît être plus forte que le biberon-même, plus forte que la satisfaction du biberon. Tu comprends ? Ce qu’elle vit à l’intérieur d’elle est plus fort que la vérité extérieure dans laquelle, néanmoins, elle sera obligée de s’inscrire… De… d’y… vivre… C’est ça qui me fait peur. Son intérieur.

Le silence règne prix d’une minute dans la pièce envahie par le noir. Ensuite, un bruit de corps qui se tourne sous les draps.

- Son intérieur… dit la voix de Frédéric.

Le bruit se fait entendre plus fortement, accompagné par un autre, de respiration accélérée et retenue en même temps.

- Son intérieur… répète l’homme. Attends. Et le tien ? Voyons-le. Attends ! Voilà. Voilà. Attends !... C’est où cet intérieur ? Hein ? Alors, ça vient ?

Le rire de Mireille a quelque chose d’une réalité aérienne.

Les respirations s’accélèrent encore plus. Et plus encore.

Suit une espèce de pause qui n’en est pas une.

- Fais-moi un petit garçon, veux tu ? chuchote la voix masculine.

Une nouvelle pause qui n’en est pas une. Ensuite, la voix féminine :

- C’est comme si quelque chose d’effrayant s’est ouvert autour de moi… Autour de nous… Quelque chose d’émerveillant... Nous nous y trouvons : à l’intérieur – …je trouve.

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