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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 12:13

 

Avant propos

La question n’a jamais trouvé sa réponse finale, définitive. On ne sait toujours pas d’où viennent les choses (et assimilés – c’est-à-dire, tout ce qui présente la qualité de pouvoir venir). Avant d’être ----------- qu’est-ce que c’est ?

Bien évidemment, ce sont des questions trop lourdes pour un « support » comme ci-dessous. Mais ce n’est pas ça qui va les empêcher d’arriver, n’est-ce pas ? Ce n’est pas ça qui va écraser ce qui suit.

 

D’où vient tout ça ?

                                                                                                                                                                                                                                        Isabelle laissait flotter son regard par-dessus les têtes des petits. Les enfants dessinaient. Sans explication possible.

 

 

Comment se faisait-il qu’ils dessinent, les bonshommes ? La question, venue de nulle part, trouva et traversa l’esprit et – comment dire – la chair d’Isabelle. Son être. Immatériellement et terriblement réelle, concrète. Inquiétante. Agréable : rumeur d’une vie nouvelle.

 

 

 

Ou encore : comment se faisait-il qu’ils chantaient, les braves hommes ?

 

 

 

 

 

 

 

Et quoi dire de la danse ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la salle de classe, les petits bruits des enfants semblaient émerger ----------- venir  ----------- d’un univers inconnu mais pas étranger ; des murmures, des chuchotements apaisants.

Isabelle, petite, mince, brune, tourna son regard vers la porte fenêtrée. De l’autre côté du couloir, à travers les carreaux d’une porte similaire, elle aperçut de nouveau la tête léonine et les épaules éléphantines de Vincent.

            - Trop normal, il ne l’était pas, celui-ci... Ce Vincent-ci...

            Ça, du moins, c’était sûr ! Sinon, quel mec, quel vrai mec se serait employé pour devenir ce que celui-ci était devenu, lui, maître d’école ?...

 

 

Les jeunes mâles n’ont rien à foutre des gosses. Quand ils en ont – des enfants, c’est-à-dire –, ils cessent d’être jeunes, ils ne le sont plus. Ou ils les abandonnent. Les mecs – les enfants, c’est à dire. Mais, jusque là, ils ont d’autres soucis.

- Se bagarrer. Baiser. Fumer. Dealer. Cracher. Frapper. Battre. Se ré-bagarrer. S’en tôler...

Montrer ses dents.

Voilà, pour les jeunes d’Aulnay sous Bois. Sans exception aucune, paraît-il. Les enfants, c’était l’affaire de qui l’on veut, mais pas la leur, à eux. Clair ? Clair ! À eux... Et voilà, Vincent, avec ses grosses épaules et sa tête énorme, faisait exception. Il était un peu, un peu beaucoup, ou carrément beaucoup – débile.

 

 

 

Bon, il n’était pas d’Aulnay sous Bois – O.K.! –, mais de Clichy sous Bois. Et encore ! Car tout le monde n’était que très peu de là-bas. Et Clichy, et Aulnay c’était que des localités qui n’existaient que par leurs cités bourrées d’immigrés majoritaires. Or eux, Isabelle et Vincent, n’étaient pas des immigrés. Et encore moins des pauv’ immigrés.

- Ils étaient nés ici.

Mais ils étaient des immigrés, pourtant : dans les cités d’immigrés. Dans les cités des immigrés. Clichy et Aulnay ; les deux, des  « sous Bois »...

 

 

Dieu sait quelle sorte d’oiseau était encore ce Vincent ! se dit Isabelle en tournant son regard vers les fenêtres répondant sur la cour. Le soleil brillait de mille feux. Le magnolia commençait à perdre ses pétales blancs.

            - Bientôt onze heures. Bientôt, la récré.

            Dieu seul sait, se dit encore Isabelle, s’il souhaitait vraiment s’occuper des enfants, s’il n’est pas – en l’occurrence – pédophile, homosexuel, impuissant..., s’il n’est pas extraterrestre encore...

Isabelle tourna de nouveau les yeux vers la salle de l’autre côté du couloir. Elle rencontra le regard du jeune homme. Il souriait. Il y avait de l’amour dans ce regard qui jaillissait par les fenêtres de cette tête léonine-là plantée sur ces épaules éléphantines..., de cet être extraterrestre.

La sonnerie retentit brusquement. Suivirent le charivari et les boucans habituels des enfants qui, malgré, ou, plutôt, avec toute leur attitude silencieuse de tout à l’heure, n’attendaient que sortir, crier, courir, se pourchasser, rire... Bon, bon, on ne savait pas d’où venait le dessin ; ni la musique, d’ailleurs, ou la danse..., mais la gaieté non plus ! D’où venait-elle, cette gaîté ?

Mais les enfants, eux-mêmes, d’où ventaient-ils ?

Isabelle se sentit trahie. Ils étaient tous joyeux, bruyants, insouciants ou, pire !, sans souci !... C’était qui, eux, les gamins, quelle obscurité ----------- absurdité ----------- quittaient-ils, quelles ombres -----------  non sens ----------- laissaient-ils derrière eux, vers quoi se dressaient-ils pour qu’ils soient ainsi..., tel qu’ils étaient ? !

Isabelle se dirigea vers la porte restée ouverte. Il faisait beau, finalement, dehors. Pourquoi rester dans la salle ? Le soleil brillait ! L’air était transparent ! La terre de sous le magnolia d’à côté commençait à se couvrir de pétales blancs...

Vincent sortit en même temps de la salle d’en face. Il souriait. Il y avait beaucoup de douceur dans son regard. Il avait l’air débonnaire, bonasse, Vincent. C’était ça ! Ce n’était qu’un niais, un molasson, un jobard. Rien (et pas plus) que ça. Et ça..., ça sortait d’où ? !

 

 

Isabelle sourit pendant que des larmes commencèrent à couler sur ses joues.

 

 

 

 

 

 

- Ça va ?

Vincent la dévisagea avec intensité. Il se montrait prévenant. Il était alarmé. Il y avait même du « je me fais ----------- tu me crées ----------- des soucis » dans son attitude.

Isabelle fit un signe affirmatif.

 

 

Les coins de ses lèvres se crispèrent un peu.

 

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