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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 09:39

 

Avant propos

         Aurèlie lève les yeux. Dans le grand miroir encadré d’un stucage vert et or, encastré dans le mur, au-dessus de la cheminée,  elle retrouve le regard de sa mère, Ophélie.

 

 

On peut s’imaginer que les deux femmes, la mère, Ophélie, et la fille, Aurélie, respectent les « non dits », voire les « jamais dits » de chacune

 

 

 

 

 

Silence ! On s’imagine !

– Un peu aérien tout ça, non ? –

 

Aurélie croit avoir fait l’expérience essentielle, fondamentale, maximale, nécessaire.

- Il y a dix ans, bientôt.

Elle avait précisément été rendue heureuse, Aurèlie ----------- par l’expulsion d’Yves ! ----------- en expulsant Yves ----------- en le jetant Yves (dans la fosse) au monde. À ce monde sous-lunaire, où elle cessait d’être génitrice ----------- pour devenir mère ; où elle pouvait re-recevoir Yves l’expulsé ----------- une fois rendu au monde ----------- espèce de témoin passant de l’intérieur de la génitrice à l’extérieur de la mère (et plus).

- Tout bêtement.

Tout naturellement.

 

 

Elle avait précisément été rendue heureuse, Aurèlie, par l’immense compassion à l’égard de cette petite existence-là qui sortait d’elle ----------- Yves de naguère ; qu’elle s’était autorisée de concevoir dans son ventre, dans sa tête et partout ailleurs dans son être et au-delà de lui -----------.  Ce bonheur béant avait ouvert les yeux d’Aurèlie.

- Une douleur intense, brûlante, l’aurait pu faire aussi.

- Cette immense tendresse.

Cette immense miséricorde. Cet immense humour.

- À l’égard de son propre enfant. ----------- Son propre enfant.

Tendresse ressentie aussi (ou créée), à son temps, par Ophélie, la mère d’Aurélie, lorsque, pareil, en tant que génitrice, elle éjectait dans ce même monde (tout en devenant – pour l’occasion et du coup –  mère) la petite existence d’Aurèlie.

- S’imaginer l’ancienne et petite Aurèlie !

S’imaginer aussi son ex-génitrice, dorénavant sa mère, Ophélie, jeune, attendrie et comblée par son immense réussite, la mise au monde, la naissance d’Aurélie.

- Tout bêtement.

Tout naturellement.

S’imaginer (sentir) par la suite l’Aurèlie à (de)venir. Celle d’aujourd’hui qui, face au miroir encadré d’un stucage vert et or, encastré dans le mur au-dessus de la cheminée, s’imagine pouvoir sentir le ressenti d’Ophélie, de sa mère. – Sa propre mère ! – La sienne ! – Sa sienne !

 

 

À ce moment-là précis de la naissance d’Yves (il y a dix ans – bientôt), Aurèlie avait été raidement délivrée. Délivrée abruptement de tous les tracas et fracasses psys qui régissent les relations mère-fille et vice versa, de toutes ses propres contradictions qui l’éloignaient, qui la séparaient de sa mère. Elle s’était sentie violemment collée à sa mère. Comme une micro-genisse à une macro-vache.

 

 

 

 

Aurèlie (celle qui rencontre dans le miroir encadré d’un stucage vert et or, encastré dans le mur, au-dessus de la cheminée,  le regard de sa mère, Ophélie) ----------- s’imagine ----------- sent que la vie de sa mère n’est pas finie ----------- évidemment. Loin de ça, même. ----------- Sa mère a l’intention se mettre en couple. Avec un nouvel homme.

 

 

Un pauvre slave, un certain Artiom.

- Problème !

L’ex d’Artiom avait tué sa famille collatérale : frère, belle sœur, leur bébé. Tous tués. On les a trouvés massacrés à l’arme blanche, le cœur de chacun transpercé par un gros piquet. ----------- Tous tués ! Là-bas, en Ukraine. Dans un bled oublié de monde, à côté d’Odessa. Ou Dieu sait où. Ailleurs. Au Diable Vauvert.

- C’était des vampires, voilà !

C’est ce qu’elle avait dit à la police, aux juges. Des vampires !

 

 

- La fille regarde la mère, Ophélie, avec scepticisme.

(On s’imagine.) Se foutait-elle du monde, la mère ? Ensuite, la fille comprend. (On s’imagine.) – La mère parlait sérieusement : elle voulait se mettre en couple avec l’ex de la criminelle.

- Tout bêtement.

On s’imagine ----------- avec Aurélie ----------- à travers elle ----------- le penser de la mère. On s’imagine son ressentir. On s’imagine ensuite, pareil -----------tout ça ----------- à l’égard d’Aurélie.

            - On se tait.

Là-dessus. – Silence ! – On (s’)imagine ! – ET PLUS. – Libre à nous ! – Absolument.

- Un peu superficiel, un peu léger, un peu aérien tout ça, non ?

Non !

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