Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 10:17

Avant propos

Le mélodrame a des beaux jours devant lui. ----------- Devant nous. C’est le Bien du Peuple ----------- le Nôtre (on parle du Bien) ----------- le mélodrame. Le siècle, plus que n’importe quel autre des ceux qui le précèdent, est le siècle du peuple. La Nation se retire dans son concept, c’est-à-dire dans sa réalité ----------- morte. ----------- Si jamais Réalité Nationale a eu lieu d’exister. ----------- Le Peuple, par contre, constitué de ceux qui n’aspirent pas prendre le pouvoir dans la société, a existé et existe toujours. Il est cerné par des dimensions planétaires, aujourd’hui ----------- le Peuple. Il est dirigé planétairement par les autres qui constituent le non-peuple ----------- et ses membres (paisibles par définition) se réfugient dans l’expression la plus simple qu’ils puissent donner à l’envie de ne pas se laisser diriger, de ne pas être dirigé : le mélodrame.

 

Quoique

 

Une fillette. Ma... morte... Sortie de moi... Dieu sait comment.

- Justement, celui-là, Dieu !...

N’en parlons même pas ! J’ai tout payé à cette occasion. Tout le mal existant, mais aussi tout le bien existant.

- J’étais forte !

Ces quelques milliers de secondes !... Le temps ne se dévoile que lorsqu’on touche à la mort. Là, il se matérialise. Il s’y matérialise. Tout le monde a un temps, son temps, qu’il ne peut pas changer contre celui d’autrui. La mort, pareil. On ne peut pas prendre la mort d’autrui. Et d’autant moins la détenir. Ni être détenu par. ----------- Elle avait à mourir. Elle était morte. Quand ? Que sais-je ! Elle était morte sans moi, donc. Mais, à l’intérieur de moi, je suppose (on ne sait pas trop où on meurt ----------- où cela ce passe). En l’occurrence, dans mon ventre. Elle y avait été touchée par le temps. Sans moi, celui-ci, non plus ----------- son temps.

- Et le tout était venu, sorti de moi !

J’ai flippé. J’ai terriblement flippé. ----------- Cet inconnu qui se passait avait quelque chose de saisissable, de connaissable – d’énorme, de menaçant. Etais-je de ce monde-ci, gravitationnelle et métabolique, ou de ce gouffre-là, aspatiale, anaérobie – plutôt ?

- Etais-je... inappropriée ?...

J’ai pu l’apercevoir, la voir, la petite ----------- elle était tellement petite ! – ...Ils ont cru que j’avais été assommée. Que j’avais perdu la tête. Que j’allais mourir...  Ça m’a foutu une de ces trouille !... Je ne voulais pas mourir. Le compte n’y était pas ! Je n’y étais pas ! La mort me faisait peur.  

J’avais aussi peur de mon jeune époux. Un inconnu, presque.

- Celui qui allait devenir ton grand-père.

Je n’aurais concocté, « artisané », fabriqué qu’une macchabée ! Lui – il aurait « travaillé » de tous ses reins, lui, de toutes ses hanches, de sa... Il aurait donné... tout..., lui !... Et voilà le résultat. Même pas un kilo de charogne ! De la pourriture ! Je tremblais. ----------- Rien de tout ça, néanmoins ! Il était trop accablé. Il accusait le coup ! Il avait peur. Il se sentait coupable. Il aurait injecté la-mort-à-naître en moi. Il se sentait responsable. – ...Ca changeait tout. J’étais faible et prostrée. Je devins victorieuse, puissante. Sombre accusatrice de ton grand-père. Quelle malchance de l’avoir rencontré ! De m’être fait souiller ! Il... Oh, je le haïssais tellement ! C’était lui ! ----------- Je tremblais toujours. De haine, cette fois-ci. ----------- J’aimais, pourtant, ton grand-père. Je l’ai toujours aimé. Je l’aime même maintenant, dans mes souvenirs, dans mes paroles..., quand il n’est plus. Et lui aussi, il m’aimait. Il m’a toujours aimé. ----------- Nous nous retrouvâmes, nous fîmes fusionner, nous alliâmes toute la tendresse et toute la tristesse dont nous étions capables. Nous souffrîmes ensemble... Tant et autant que nous en fûmes capables. – ...Ainsi collés, soudés l’un à l’autre, nous nous retournâmes vers la petite. La morte qui... aurait pu être la sœur de ta mère... Tiens ! La voilà, la coupable ! La petite..., mais puissante car définitive..., morte. Tellement lourde ! Tellement inanimée ! Mole et flasque ! Inutile...! – Indifférente. Méchante. Cruelle. Horrible...! ----------- Tellement significative pour ce que nous tous aurions pu être ! ----------- Et après... Les choses se sont apaisées... Estompées. Enceinte de ta mère, je..., nous prîmes toutes les précautions. Elle arriva de la manière la plus banale imaginable, ta mère. Elle était intègre, entière ; il ne lui manquait rien.

- On n’imagine pas quel grand bonheur est-ce, la banalité !

Ton grand-père et moi !... Oublié le moment effroyable du passé !... Ca n’avait plus d’importance !... Elle était là, la petite, ta mère : preuve tangible, palpable de notre propre « valabilité ». Nous étions confirmés. Nous étions banalisés. Banals. Et, du coup, elle aussi. Je veux dire : toi aussi. Ainsi que, ensuite, ton fils. En dépit... ----------- Pourquoi laisses-tu ton mari dire à Jean-Williams que vous seriez descendus du Soleil ? Ton grand-père, avec ses japs du Pacifique, doit se retourner dans sa tombe, lui ! Il ne s’est jamais entièrement remis des attaques des kamikazes. Tu sais comme il disait toujours : ce ne sont pas des humains ! Il était ferme, dur, intraitable à leur égard. À cet égard... Les descendants du Soleil – tous des tueurs ! Et basta !

- Je comprends que vous, en Europe, vous portiez un autre regard sur le passé.

C’est à dire, sur le monde. ----------- Ta mère, mariée à son poitevin, oublia vite ce qu’est l’Amérique. Très vite. Elle ne parla plus, très vite, que de certains Gargantua et Diane, du chabichou, de la fée mélusine, de Saint-Emilion, des roses trémières, de l’armagnac, et que sais-je encore. Comme une folle. Elle ne s’est frottée aux Japonais que dans les histoires de ton grand-père. Et elle ne l’a pas trop cru, ton grand-père. Elle t’a même autorisée, toi, de prendre comme époux un japonais. D’accord : d’origine japonaise seulement. Né à Paris. Tu vois ? À Paris, non pas dans le Soleil ! Il est parisien (et non pas...) depuis toujours. Très bien. Alors, descendre du Soleil ? Pourquoi ? Pourquoi dire – que ? C’est drôle ? Ce n’est même pas drôle. Excentrique, dingue !... Peut-être. Mais pas plus. Pas normal. Pas banal. Pas heureux. – ...Être exceptionnel, différent. Croire que l’on descend du Soleil ! – ...J’ai l’impression d’avoir vécu assez inutilement. Même très.

- Quoique !

Partager cet article

Repost0

commentaires