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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

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20 octobre 2010 3 20 /10 /octobre /2010 06:52

 

Œuf de fou

 

 

« Quelle est la différence entre nous et une maison de fous ? Eux, ils ont une direction lucide ! »

Blague audiovisuelle. 

 

« La folie de l’homme raisonnable est

anatomisée à fond par le clin d’œil du fou. » 

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

 

 

Distorsion

(Jérémiade capricieusedans les entrailles d’une machine à café radiophonique)

 

Si toutes les pensées humaines de tous les temps étaient gravées quelque part dans la substance de l’Univers… Si toutes les pensées humaines Y restaient éternellement… Si toutes les pensées humaines de tous les temps étaient gravées quelque part dans la substance de l’Univers pour Y rester éternellement…, éternellement…, éternellement… On aurait affaire à une matérialisation mortelle… mortelle… mortelle… de l’Enfer Humain.

Heureusement, l’Oubli… Heureusement, l’Oubli… Heureusement, l’Oubli arrive, intervient, s’installe… Inéluctablement… Idéatique… Idéalique…

Hé ! Soyons abasourdis par le secret de Stroë. Homme radiophonique par excellence, il repose sur le continu de l’intermittence informationnelle… sur le continu de l’intermittence informationnelle… sur le continu de l’intermittence informationnelle… Hé !

Nous peuplons une époque du « tout info » ou de l’« info continue ». Partout, les médias reposent non pas sur le contenu mais sur l’intermittence des nouvelles. Le public ne résiste pas au « tout info » ou à l’« info continue », comme il ne résiste pas à Dieu. Il fréquente toujours le « tout info » ou l’« info continue » – ou Dieu – avec intermittence. – Et peu importe ce que cela veut dire !

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Avoir des enfants vaut avoir de la mémoire. Lorsque les souvenirs commencent à s’amasser dans la mémoire et les enfants dans la vie, la mémoire et la vie, de plus en plus justifiées toutes les deux, s’ossifient et rétrécissent. Elles n’accompagnent plus l’espérance.

- Oh ! Les certitudes de la vie, gravées dans la mémoire, sont comme les feuilles de l’arbre : de la pré-mort. – Après la certitude, seulement la mort !

L’espérance, mise au pied du mur, commence à regarder ailleurs, vers l’endroit où on ne retrouve plus de mémoire, ni de vie ; elle commence à dépérir, aussi…

- Nous nous sentons abandonnés. Nous le sommes.

Abandonnés à l’intérieur de nos mémoire et de nos vie menues et non-transmissibles. Les souvenirs grignotent notre mémoire, les enfants – notre vie. Ils les rendent sourdes et muettes, notre mémoire et notre vie – à énergie lourde…

- Expression sibylline, poétique.

On meurt, quoi !

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La mémoire est un outil (souvent, un bouclier) terrestre. La vérité – l’incommensurable ! – se trouve entre les tiroirs de mémoire, entre les mailles de mémoire… C’est-à-dire, nulle part, nulle part…

- En plein cœur du méconnu !

Serait-elle un outil ou une prothèse ? Quelle différence entre ceux deux là ? Un différence de volonté. Une différence caractérielle. Une différence morale.

Lorsque la civilisation devient trop complexe et pesante, l’humanité, (simple) réalité historique, demande à l’homme de s’y adapter.

- Sous peine de mort.

La différence entre prothèse et outil perd tout son sens.

- L’humanité fait corps commun avec la peine de mort.

S’agirait-il, enfin, du Grand Larcin ? L’homme et l’humanité paraissent vouloir fusionner. Mélodrame ? Nous voilà retombés dans l’adolescence. Là où s’opère les bifurcations nécessaires, qui mettent en Y l’acte sexuel. D’abord reproductif, animal ; ensuite, incestueux, culturel ; enfin, leur racine commune, surgissant d’on ne sait pas où, en s’enfonçant dans on ne sait pas quoi.

- Hé ! Notre référence à l’Unicité ! Notre Préalable à l’Elégance et à la Sauvagerie ! Quel contraste avec la Banalité et avec l’Ennui ! Voilà ce qu’on doit fourrer dans la cervelle écervelée de l’auditoire polyglotte, polymorphe, à l’allure de polypes !… Hé !

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C’est quoi ça ? Où commence et où finit la lumière ? Mais la mémoire, où commence et ou finit-elle ? C’est quoi l’oubli – par rapport à la mémoire : une espèce de mort, une sorte de métempsycose, une variante de transmutation alchimique, une race de transfert (ou renversement) entre amour et haine, entre Oui et Non ? Innée, la mémoire serait-elle mortelle ? Le grand Oubli serait-il le Grand Larcin ?

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L’humain trouve sa mesure dans le mélodrame. Y a-t-il mieux ? L’humain est égal à son mélodrame. Uniquement !

Cris :

- L’humain – égal mélodrame !

Hurlement :

- On est un humain. Un vrai. Et, en tant qu’humain, en tant qu’humain vrai, on a deux mémoires nécessaires et suffisantes : celle de Caïn et celle d’Abel.

On a l’impression de posséder une sorte d’ombre, une ombre qu’on sent dans ses os : c’est la mort.

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Entre les griffes du dieu de l’erreur, on est faible. Lorsqu’on est dévoré par lui, on ressent la violente satisfaction de la défaite, le plaisir de la perdition, le goût délicieux de l’absurdité pour lequel on paye de son existence même.

- Par contre, il y a des moments où, en jouissant d’une parfaite solitude, où, en arrivant à se séparer de soi-même, d’immenses mystères privés de parole nous sont révélés. Parmi eux, le son. Avec, notamment, la musique des sphères, avec, notamment, la parole.

Avant sa propre conception on s’existe dans un milieu où il n’y a ni consistance, ni sens. Comme dans « la moelle » d’un trivial et dérisoire bulletin d’infos d’aujourd’hui. Là, on entend des pré-sons – qui cessent (ou qu’on perd) dès qu’on est en mesure de supporter le bombardement des réalités terrestres !

- Ces pré-sons-là, oubliés, perdus aujourd’hui, dont le manque crée de la nostalgie. 

 

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