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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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29 octobre 2010 5 29 /10 /octobre /2010 07:18

 

Œuf de fou

 

 

« Quelle est la différence entre nous et une maison de fous ? Eux, ils ont une direction lucide ! »

Blague audiovisuelle.

 

« La folie de l’homme raisonnable est

anatomisée à fond par le clin d’œil du fou. »

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57


   VII

 1

« On ne va pas se cacher la face. Je n’ai pas été pas bon. En tout cas, je n’ai pas été bon pour cette mission en France. Ma résistance – intellectuelle, d’abord, mais aussi psycho-psychiatrique, bref, spirituelle – n’a pas été à la hauteur des évènements.

« Me voilà, aujourd’hui, happé. Ce sont l’ambassadeur et sa fille qui m’ont bouffé. La mystique du suicide cellulaire du père, d’abord, la pression martienne et attentionnelle de la fille, ensuite, ont eu raison de moi.

« Je me suis laissé entraîner dans la paresse spirituelle qui accompagne ou caractérise l’atemporalité, et j’ai raté pas mal d’occasions d’apprendre plus sur RFI. Sur les personnages qui composent cette grande radio internationale.

« - Sur l’exception culturelle française, aussi.

« Et ainsi de suite.

« Je n’ai pas fait encore des grosses bêtises. Mais le temps n’est pas perdu.

« Je n’ai pas fait de choses trop intelligentes non plus.

« - Je dirais, en revanche !

<>

« D’une certaine manière, je me sens subjugué par la force de Muguette. Elle pressent beaucoup, comme on le sait déjà. Quant à moi, moi, je para-sens. Je n’ai pas d’autre mot. Si Muguette sent en avant-première, moi je sens en extérieur. Les deux manières de sentir pouvant empiéter l’une sur l’autre. Vous voyez ce que je veux dire1. »

<>

« Par la force des ces choses biscornues, j’ai du arbitrer à l’intérieur de moi la confrontation quadripartite et molle déclanchée entre Muguette, Gnito – les deux femmes ‘directoriales’, se trouvant encore à Paris –, l’ambassadeur et enfin sa fille. Les quatre idéologies – l’Oubli, le Pressentiment, le Suicide Cellulaire et l’Attention – se sont mises en contact.

« - Dans mon dedans, pour ainsi dire.

« Les synapses n’ont pas fonctionné. Je ne suis pas un terrain propice pour de telles rencontres. Même le grain de piment apporté par Mômô (la fille de l’ambassadeur) avec ses Désirs Astraux n’a pas embelli la chose.

« Ensuite, j’ai perdu beaucoup de ma superbe.

« - C’est-à-dire, de moi !

« Les certitudes, qui me rendaient content, parfois heureux, se sont volatilisées, une après l’autre. Pour moi, la réalité a commencé à se défaire. Avec la conséquence prévisible :

« - Ma propre décomposition.

« Dans ce sens, je peux dire qu’on m’a décarcassé après m’avoir embobiné et concassé avec toutes sortes de syntagmes, genre :

« La principale qualité du journaliste : la banalité foncière, capable uniquement d’enregistrer et de rendre. Sans exploser – exclusivement ; ni imploser – exclusivement.

« Quelqu’un qui vit c’est quelqu’un qui fait des différences ; les indifférences ne lui étant pas interdites pour autant.

« Notre monde favorise et stimule l’égocentrisme jusqu’à la perte de toute personnalité (vue comme limite), jusqu’au point de le noyer et dissoudre dans l’infini de l’introspection tout azimut.

« Individualisme : le droit d’être médiocre et/mais digne ! On peut parler d’une dignité de la médiocrité, mais aussi d’une digne médiocrité, ainsi que d’une dignité médiocre.

« L’individualisme occidental universalisant : panacée contre la mondialisation impersonnalisante.

« L’ennui c’est quelque chose d’extrêmement humain – vu du côté divin. Voire, un peu divin.

« L’ennui bien taillé, bien maîtrisé, bien accordé avec la personnalité, l’ennui bien proportionné, relève de l’endroit où la métaphysique bascule dans l’esthétique.

« Avoir une mémoire, c’est porter une plus ou moins énorme quantité de temps avec soi ; c’est dans le Soi (drapé pour l’occasion en Moi) que le temps niche et se blottit.

« Le Sauveur… C’est vrai ! Il nous sauve de notre incontournable et impitoyable solitude. Dieu c’est ce qui s’oppose à la solitude ; qui a le courage de l’affronter et de se confronter avec elle.

« L’homme ne présente aucun intérêt hormis celui d’être en contact avec Dieu.

« Les journalistes correspondentaux générations esclaves de la culture. – Il a été pourtant déjà dit : aujourd’hui ce n’est plus l’homme qui fait la culture, mais la culture qui fait l’homme. – Il a été pourtant déjà dit : hier, on ne savait pas à quel besoin humain répondait la culture – aujourd’hui, on ne sait pas à quel besoin culturel répond l’humain2. – Il a été pourtant déjà dit : il y a pas mal encore de ceux pour qui la liberté arrive de l’extérieur, de la culture3.’ »

<>

« Déstructuré comme caractérisé ci-dessus, je m’approche à présent de l’état de l’homme parfait.

« - L’homme-atome.

« L’homme parfait est l’atome qui compose l’actuelle humanité atomisée. C’est un atome soumis à des paramètres parfaitement abstraits et parfaitement appropriés. L’atome en question est humain. L’humain a réussi cette performance ! L’homme-atome ne ressent plus le besoin d’essentiel, car irréductible.

« - L’essentiel n’est plus possible.

« Tout est individuel, parfait, incomparable.

« L’homme parfait c’est l’homme décroché. Décroché de tout. Décroché du présent. Décroché de l’histoire. Décroché aussi de son avenir qui, quoi qu’on dise, reste un simple phénomène sclérotique ou, au mieux, dissolutif. »

<>

« Tous ceux-ci sont des avatars de la confrontation évoquée tout à l’heure. – L’Oubli (de Gnito), le Pressentiment (de Muguette), le Suicide Cellulaire (de l’ambassadeur, le père de Mômô), l’Attention (de la fille de l’ambassadeur, Mômô).

« En tant qu’atome, j’entre dans le giron du suicide cellulaire. En respectant la trajectoire tracée par cette théorie, je ne me suiciderais pas tant que mes pairs ne me le demandaient pas.

« - Mais s’ils me le demandaient…

« Ça, pour faire court.

« En tant qu’atome, ensuite, je ne ressens plus le passé ou l’avenir. Je flotte dans la sauce de l’indifférence, qui n’est pas de l’oubli, même si les deux s’apparentent. La torture du pressentiment, après cela, me fait voir des choses et des re-choses, à qui de mieux mieux.. (Très déstabilisant !4et 5) Puis, enfin, l’attention astrale, qui est confondante et qui efface toutes les chances, germes et/ou traces d’un possible équilibre. »

 


1 « La panse de la réalité est condamnée à l’énormité, à l’immensité, à l’abîme. Elle contient autant ce qui est, que ce qui n’est pas ; ce que est possible que ce qui ne l’est pas. Rien ne lui échappe. Y compris le rien. Mais elle échappe à tout. Y compris au rien.

« Ce qui vient d’être exposé ci-dessus n’est que trop humain, pourtant. Le divin, qui a mis de son côté toutes les chances (ou formes, ce qui revient au même) d’exister, mais aussi toutes les chances (ou formes) d’inexister – ce qui est d’ailleurs dans sa nature ! –, décide aussi de l’infinité ou, au contraire, du cloisonnement de la réalité.

« - Et cela sans que les mortels soient obligatoirement tenus au courant.

« Tenu au courant, non. Mais en laisse, si. – La laisse de la mort. – Les leurs – la laisse, la mort.

« Pour en finir avec cette sous-idée de réalité spécifique, réalité avec laquelle j’entretiens un rapport de réciproque appartenance, je dirais simplement cela : elle – sous-entendu la réalité environnante (dont on ne connaîtra jamais les limites) – bouge en même temps que moi. Je me trouve dans le noyau de cette réalité. La réalité m’enveloppe. Il n’est pas exclu que moi-même sois réel. Cas où, chacun de mes gestes aurait un impact sur cette réalité qui, ainsi heurtée, se tournerait contre moi, en ‘m’impactant’ à mon tour.

« - L’effet papillon devenu syndrome !

« Voilà, justement, ce qui attise en moi un désir particulier, celui de para-sentir ce qui vaque au-delà de la réalité ou ce qui n’y existe même pas.

« - Aussi bien dans le réel qu’ailleurs.

« Pour faire court, j’ai la folie du divin. Je m’approche du moment où je (me) dirai qu’entre Dieu et moi plus rien ne s’interpose. C’est la mort. Ou, transitoirement, la folie. »

 

2 « Hé ! – Bientôt on ne saura plus si l’homme reste le créateur de ses prothèses ou si ses prothèses l’utilisent, l’absorbent ; s’il s’y immerge, s’il s’y fond ; s’il s’annihile – dans ses propres prothèses.

« Un exemple très éloquent : les médias. Ceux qui ‘font’ mais aussi ceux qui ‘consomment’ des médias ont changé de nature. C’est tout simplement une génération spontanée. Ce que les médias diffusent ce ne sont pas des idées (qui, elles, tiennent les hommes) mais des ‘ nouvelles’, c’est autant du non-jugé que du préjugé. En grande hâte, les idées foutent le camp avant même que les nouvelles n’arrivent. C’est la Berezina. Non seulement l’homme n’est plus utile aux idées, mais il est devenu un fardeau pour elles. L’homme est souvent dangereux pour les idées. Il n’est plus leur support, mais leur bourreau. L’homme chasse les idées. Éventuellement, il les baise. L’homme exécute les idées. Il les tue. – Hé ! »

 

3 « Hé ! – Contre le pouvoir ‘gorgonique’ de l’Oubli, seul le pouvoir intellectuel (de l’attention travaillée !) peut agir avec efficacité. Mais l’intellectuel d’aujourd’hui est plus souvent, disons toujours et à jamais, atteint d’un cancer spécifique connu sous le nom d'intellectite ou, abrégé, d’intello.

« Les personnages qui pourrait faire l’affaire seraient une espèce inexistante : les politiques intellectuels. Mieux encore, les politiques qui vaqueraient à la limite de l’artistique ; ceux qui auraient les pores ouverts vers cette folie libératrice qu’est l’art. Musique, poésie, danse et autres peintures ou sculptures et ainsi de suite, seraient les bienvenues. (Manele Nicolâyë, donc, pourrait faire vraiment l’affaire. Bien sûr, grâce à ses dons artistico-limites, mais aussi grâce à son origine illimité, nomadienne. – Hé ! – Mais existe-t-il pour de vrai, ce Nicolâyë ? – Hé !) »

 

4 « Exemple :

« Muguette sera bientôt au septième ciel. Les mains de Manele Nicolâyë se promèneront sur son dos, sur ses hanches, sur ses fesses. La respiration de l’homme trahira une envie croissante. Ce sera non seulement des caresses, mais de la poussée. Il voudra l’écumer et… tout le reste.

« - Ce sera fin.

« Ce sera raffiné. Ça ne manquera pas de force, pour autant. Rien de comparable avec le poids de colosse, avec cette brute d’Ică , certes. Mais ce ne sera pas mal. Elle sera désirable, la Muguette. On ne bande pas à la commande. C’est connu. Et il bandera, lui, le ministre. Il voudra la pénétrer, la labourer, s’y soulager.

« - Mmmm, ce sera bon ! »

 

5 « Exemple :

« Ică Glande se prononce systématiquement contre le parti unique, mais aussi contre la mémoire unique. Il dit que les parents transmettent à leurs enfants des données subliminales et incertaines, concernant les choses vécues. (Comme si la vie était possible, comme si on pouvait vivre des choses.) C’est ainsi que les mythes se seraient formés. Par une sorte d’accumulation qui n’en était pas une, par caprice.

« Il continue en disant que depuis que nous disposons du degré actuel de conscience, qui unifie l’humanité (interne-externe, haut-bas, devant-derrière, droite-gauche, système numérique, calendrier, système horaire, système métrique, Coca Cola, Mac Donald’s, Internet, Sex-shop, etc.), les données qui s’y accumulaient devenaient pesantes, terrorisantes.

« À cela il oppose comme solution une organisation assez spéciale de la mémoire, qui aurait comme seule loi le caprice.

« - Seul le caprice se trouve à l’origine de chaque venue au monde et de chaque départ. »

 

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