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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 07:05

 

Œuf de fou

 

 

« Quelle est la différence entre nous et une maison de fous ? Eux, ils ont une direction lucide ! »

Blague audiovisuelle. 

 

« La folie de l’homme raisonnable est

anatomisée à fond par le clin d’œil du fou. » 

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

Distorsion.

(De la « grappation »)

À RFI, les deux Directeurs qui dirigent directement et souvent à la louche les journalistes grenouilles et métèques se trouvent depuis longtemps dans une confrontation professionnelle sans issue. Sur le plan personnel, ils s’entendent très bien. Ils sont amis. Il leur arrive même de participer ensemble à des débauches.

- C’est le cas maintenant, avec leurs projets concernant les futurs moments de détente dans le cadre du Sommet de la Francophonie qui s’ouvrira aussitôt en Nomadie.

Aussitôt, c’est-à-dire dès leur arrivée dans ce pays.

- Arrivée cependant pas très certaine !

Mais lorsqu’il s’agit du partage des tâches et du budget, la bête reprend ses habitudes.

- Ou ses « droits ».

Et la situation s’envenime vite.

Heureusement, leurs bagarres ne dépassent pas le cadre de l'entreprise. On dit même que c’est de la bonne guerre.

- En tout cas, la Présidence de RFI trouve dans ces deux Directeurs, Ică et Stroë, des complices très malins et affûtés, capables d’embobiner n’importe quelle Tutelle pour que celle-ci – cela ! – perde la maîtrise de son budget.

- Tutelle !

Du point de vue professionnel, les deux évoluent d’une manière que certains peuvent trouver très intéressante mais qui peut dégénérer très vite.

- Aujourd’hui encore, le débat porte autour d’une certaine « grappation » du public.

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Le Directeur des Langues de RFI, Ică Glande, se prononce pour la mise en place d’une organisation en grappes de l’auditoire. L’auditoire doit être « grappé », selon ce Directeur. Pour empêcher la privatisation du public. Privatisation que les médias non-publics sont en train d’opérer, de mettre en œuvre. Privatisation qui ne serait en aucun cas supportable dans le cas d’une radio internationale de l’envergure et avec les ambitions affichées par RFI. Et par la France.

- Tant qu'on y est.

« La privatisation du public international serait un vrai désastre ! » écrit ce Directeur à qui de droit. Le public doit rester dans le giron du public. Le privé a tout le monde à sa disposition ! Qu’il cesse, donc, de harceler le public ! Plus précisément, le public non-privé, le public public. Pour y parvenir, la création d’une cellule d’aide psychologique à RFI est préconisée (par le Directeur en question).

Le projet aurait été déjà assez bien structuré. Conformément à des informations non-confirmées, il serait le fruit « réflexif » de la femme de ce Directeur, une certaine Muguette.

(Note informative complémentaire. –Muguette se prononce pour une humanité composée d’individualités tout aussi fortes et élégantes qu’anonymes et sans personnalité mémorable. La proximité de l’oubli devient ainsi non seulement nécessaire, mais surtout menaçante. – Cela étant, pour Muguette, le danger vient du côté de Stroë, l’homologue francophone d’Ică, à RFI, qui se serait acoquiné, dernièrement, avec une certaine Gnito, étudiante clandestine en Oubli, dont les origines se perdent dans les marécages exhalant des vapeurs et les miasmes de la laideur d’une certaine Barbara, personnage étrange, sorte d’hyper-Cassandre vaquant aujourd’hui encore dans les ténèbres situées au-delà mais aussi et toujours au milieu du Grand Caprice.)

En quelques années, ce projet pouvait être bien monté. Bien mis sur les pieds. Bien mis en application. À condition, bien sûr, qu’une autre facette de la réalité ne commence à miroiter des images et des concepts contraires et convaincants.

Or, c’est justement le cas. Une nouvelle idée se fraie actuellement le chemin dans les esprits. Une idée qui plane dans les hautes couches spirituelles volatiles, émanées par – ou échappées – des couches plus basses des idées lourdes (et fixes).

- À l’instar du surréalisme, issu, lui, du réalisme – qui, dit-on, l'aurait expulsé.

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La « grappation » ? D’accord ! La « grappation » du public est la meilleure voie pour atteindre la sur-structure psychologique ou, si l’on veut, la structure sur-psychologique.

- Pour arriver à l’Oubli, qui, lui, est la thérapie la plus pointue de la contemporanéité.

I l n’y a pas de contemporanéité sans oubli ! Aucune ! Pour être contemporain, il faut oublier ! Il faut pouvoir le faire. Il nous faut ce pouvoir. Et pas un autre. Aucun autre.

La contemporanéité, c’est l’oubli ! C’est ça la vraie aide psychologique :

- L’immersion et la noyade dans l’oubli.

L’oubli, élevé au rang de valeur, est la principale mission des médias contemporains. Aujourd’hui, l’oubli est uniquement facilité par les médias contemporains. Il faudrait arriver demain au stade où l’Oubli ne soit possible qu’à travers les médias. Il faut que les médias créent l’Oubli !

Si RFI voulait sincèrement conquérir des nouvelles parts du marché public international du public public – et non pas du public privé –, si, en tout honnêteté, RFI voulait devancer ses concurrents et si RFI voulait absolument arriver avant les autres médias publics dans les couches supérieurs de la sur-psychologie, l’Oubli était la valeur la plus prometteuse et la plus porteuse.

La « grappation », d’accord ! Mais dirigée vers l’Oubli ! L’avenir c’est l’Oubli !

La source de cette idée « sur-structurelle » paraît être une certaine Gnito, la nouvelle compagne du Directeur de la rédaction en français de RFI.

(Note informative complémentaire. – Pour Gnito, l’oubli n’est qu’une forme de mémoire. Pour Gnito, les oublis, toujours postérieurs aux souvenirs, sont logés à la même enseigne que ceux derniers, dans et par la mémoire. Quant à la mémoire, ce n’est qu’une question de volonté. C’est parce que nous voulons, que nous nous souvenons. « Si nous ne voulons pas, nous ne nous souvenons pas », affirme Gnito. Ce qui fait que l’oubli devient une contre-manifestation volontaire de la mémoire qui, à son tour, n’est elle-même que de la volonté. C’est au vouloir du vouloir qu’on touche à cette occasion. Quoi de plus supérieur que ça ?! L’homme, certes, peut vouloir, en général ; mais il ne peut que rarement ou même jamais vouloir vouloir. Ceux qui, néanmoins, y parviennent, ne sont plus des humains, ne sont plus humains. Ils se frottent aux dieux. Voilà ! L’oubli, cas spécifique du vouloir vouloir, est divin. Jadis on apportait aux hommes le feu. Aujourd’hui c’est l’oubli qu’on leur apporte. L’oubli c’est le feu d’aujourd’hui !)

(Note informative complémentaire. – Muguette, la femme de l’autre Directeur, réplique à la note précédente en disant que suivre une voie tel que décrite, nous obligerait à réfléchir à ce que le sur-Oubli pouvait dire. Elle dit que le sur-Oubli serait inévitable, si on voulait que l’Oubli-même soit valable, si on voulait valider l’Oubli. Elle dit que ce processus demande à être continué par une sur-validation, par une sur-inévitabilité, par une sur-continuation et ainsi et sur-ainsi de suite et de sur-suite – ce qui n’est ni supportable, ni sur-supportable ! Mais qui et par contre, termine Muguette, pour que la boucle soit bouclée, nous disons que la ‘grappation’ c’est juste ce qui justifie la mise en place d’une cellule élargie d’aide psychologique élargie. Non seulement les journalistes, les technos, les administratifs et tout ce bazar de RFI, mais aussi le public, la population de partout et même de l’au-delà, la population publique, tous pourront bénéficier ainsi de cette psychologie apportant de l’envie et de l’ennui… Donc, pas d’Oubli ! À bas l’Oubli ! Vive la psychologie générale ! La psychologie pour tous ! Tous pour la psychologie ! Vive l’auto-psychologie ! Vive l’alter-psychologie !  Cela contredit entièrement le point de départ. Et puis, merde!)


 

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