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Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 06:13

Œuf de fou

 

 

« Quelle est la différence entre nous et une maison de fous ? Eux, ils ont une direction lucide ! »

Blague audiovisuelle. 

 

« La folie de l’homme raisonnable est

anatomisée à fond par le clin d’œil du fou. » 

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

 

 

V

1

- Ah, ça c’est bien ! Refais moi encore cette infamie. C’est super bon ! Je me meurs ! Infamises-moi ! Encore, encore ! Encore !

Avec aucune maestria mais avec beaucoup d’enthousiasme, le Coq-sans-crête faisait des cunnilingus prolongés à sa collègue et camarade, la Naine-qui-pue. Le Directeur Général était un peu maladroit mais ô combien rafraîchissant. Le sexe de la Directrice Générale sentait bon, très bon ; en tout cas, par rapport à son regard.

- Comment se fait-il qu’on ne se soit pas rencontrés plus tôt ? dit la Directrice Générale en rangeant sa jupe plissée à l’ourlet décousu.

Le Directeur Général avait retiré sa langue de l’anus directorial (dernière étape de ce câlin imprévu, soudain) et avait levé la tête pour recevoir sa récompense : un regard largement pestilentiel ; directorial.
- Je passe par une période très étrange, dit-il. C’est plus qu’on ne peut imaginer. Les
repères sont en plein mouvement. Comme la forêt macbéthienne. Je le dis sans fausse modestie. Ou que sais-je encore.

- Mmm, c’était vraiment bon !

La Naine-qui-pue frotta ses cuisses l’une contre l’autre.

- Il m’arrive quelque chose d’extrêmement bizarre, dit le Coq-sans-crête. Ne serait-ce que cette envie irrépressible de confession. Je veux me confesser. Veux-tu être mon confesseur attitré ?

- Dans la mesure où je serais ta directrice de conscience, bien sûr. Si on respecte ma qualité de Directrice, tout peut se faire.

- Oh ! Comme tu parles bien ! Nous sommes faits pour nous entendre. Moi aussi j’apprécie énormément le respect. Donc, voilà !

<>

Le Coq-sans-crête avait une première virtualité sur la conscience. Une virtualité lourde et menaçante.

- Dans le Mélodramecontemporain, dit-il alors, il faut injecter de la comptabilité et de l’administration. Le Roi Lear est plus que mort. Ce qui compte aujourd’hui c’est le Président. C’est lui qui incarne la solitude du pouvoir. Il est un administrateur élu pour joindre la Solitude, où tout est sujet de déséquilibre, de déroute, de folie. Dieu même aurait eu la même sorte – s’Il n’était pas mort. Le Mélodrame du Pouvoir, voilà !

Le Coq-sans-crête avait une deuxième virtualité sur la conscience. Une virtualité toujours lourde et menaçante.

- Je me sens parasité, dit-il alors. On peut le constater sans grand effort. Tout d’abord, par Stroë. Par ce Directeur des Français. Tout le monde reconnaîtra sa griffe, son obsession pour le Mélodramecomme accompagnateur du Grand Larcin. Parasité ensuite par Dora, la belle femme mûre, ante-capriciale, dont les superbes seins promettaient, avant et pendant le Grand Caprice, de devenir bientôt semi-liquides. Ce dernier parasitage prend deux directions. La première, les enfants de cette Dora, blottis à l’intérieur de Stroë. Celui qui est parasité par Stroë – c’est mon cas –, est automatiquementparasité par ces enfants. Cyclopes et asexués, ils s’imposent ainsi au monde comme des acariens sui generis. La seconde direction prise par le parasitage entrepris par Dora, c’est Dora même. Juste avant notre départ, j’ai reçu sa visite. En chair et en os ou, enfin !, toujours spectrale, bien sûr, elle donnait un sens particulier à la virtualité. Elle voulait me convertir. Pédé « comme un phoque » elle me trouvait – en voulant que je change de contenu.

- Chose partiellement réussie !

La Naine-qui-pue se montrait taquine mais bienveillante ; car reconnaissante (ou quelque chose qui pourrit suggérer et remplacer la reconnaissance), car satisfaite (ou un substitut de).

La Naine-qui-pu n'avait aucune virtualité sur la conscience; d'autant moins une virtualité lourde et menaçante.

Le Coq-sans-crête avait une troisième virtualité sur la conscience. Une virtualité toujours lourde et menaçante.

- Oui, dit-il alors. Ou non. Enfin, quelle importance ? Elle était accompagnée par son amie, Barbara. La plus laide créature inscrite dans une forme humanoïde, qu’il m’ait été donné de voir. Je veux dire, c’est le côté que Barbara m’a montré à cette occasion. Un côté illusoire. Virtuel, si on veut. Car en réalité, elle est présente aujourd’hui dans la chair concrète de la nouvelle et splendide putain de Stroë.

- Ah, bon ?

Le Coq-sans-crête avait une sixième virtualité sur la conscience. Une virtualité toujours lourde et menaçante.

- Oui, exactement, « ah, bon » !dit-il alors. La splendide Gnito, qui veut, ni plus ni moins, que d’introduire l’Oubli à RFI.

- Mais y a pas besoin !

Le Coq-sans-crête avait une septième (et dernière, pour moment) virtualité sur la conscience. Une virtualité toujours lourde et menaçante.

- Et alors ? Depuis quand le besoin est plus important que la volonté ? Depuis quand est-il plus fort ? Nous ne sommes pas des animaux, asservis et tyrannisés par les besoins. Avec une exception près. En l’occurrence, quand le besoin et la volonté se superposent. Quand ils fondent un dans l’autre. Volonté ou pas volonté, besoin ou pas besoin !

<>

La tête de la Naine-qui-pue reçut un coussin en vol rasant envoyé par un journaliste du Libé. La Directrice Générale de RFI arrêta tout mouvement, comme débranchée soudainement. Un autre coussin suivit, presque simultanément. Il venait d’une télévision non-cryptée. Ceux du Figaro et de Marianne, arrivant de la direction contraire, en même temps et tous les deux, comme dans une formation de bataille, ratèrent de peu la tête (ou le manque de crête) du Cocq-sans-crête.

La première bataille aéronautique aux coussins du Sommet nomadien de la Francophonie avait commencé. 


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