Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
  • Contact

Profil

  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

Texte Libre

Rechercher

30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 07:53

Œuf de fou

 

 

« Quelle est la différence entre nous et une maison de fous ? Eux, ils ont une direction lucide ! »

Blague audiovisuelle.

 

« La folie de l’homme raisonnable est

anatomisée à fond par le clin d’œil du fou. »

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

VII

2

« Les dernières informations me laissent définitivement pantois. Et pour cause. J’apprends que l’avion de la presse présidentielle française se trouve toujours dans l’air et qu’il y a peu d’espoir qu’il atterrisse – en Nomadie ou ailleurs.

« - Cela, pour commencer.

« Ensuite, j’apprends que les coussins qui avaient servi à la bataille se sont avérés être des dépêches AFP. À un moment donné, lesdites dépêches avaient pris l’allure des poupées gonflables ultra-lumineuses mises à la disposition des journalistes.

« - Uniquement1.

« Enfin, on vient de m’informer que non seulement l’avion de la presse présidentielle française n’atterrira jamais en Nomadie, mais que mon ministre, Manele Nicolâyë, a décidé de monter à Paris, en abandonnant son Président national et ses homologues étrangers engagés dans le ‘processus’ du Sommet de la Francophonie.

« - Qu’ils se débrouillent tous seuls !

« Il a décidé de monter à Paris pour y retrouver Muguette Glande.

« La thèse d’une liaison entre les deux, antérieure au Grand Caprice, pourrait s’avérer juste, donc. »

<>

« J’admire mon Ministre.

« - Je ne peux pas m’en empêcher.

« Chez nous, au pays, il arrive à placer ‘la donne nomadienne’ sur des cimes enivrantes, ahurissantes. Chez nous, dans notre imagination (privée ou publique, peu importe !), dans notre ‘spectrographie’ excitée par l’idée phare de l’homme national, on est parfaitement connectés au monde le plus civilisé possible de l’actualité, on est parfaitement compatibles avec lui. Fut-il civilisé ou décadent.

« - Ou ‘spectrographié’.

« - Ou.

« Nicolâyë voit avec une très grande clarté les maillons faibles des autres. Et il s’en sert avec beaucoup d’habilité. Il donne l’impression que la Nomadie était un pays insuffisamment grand-bon-beau pour lui, et que c’était lui qui, grand-bon-beau comme il l'était, cautionnait son pays et, à partir de là, le monde entier, en leur conférant de l’éclat et de la magnificence.

« J’admets que c’est assez compliqué et que les contradictions ne manquent pas dans cette description trop courte. Mais, peu importe ! Nicolâyë se place au centre de mon admiration. 

« Le fait qu’il monte maintenant à Paris pour voir, ou revoir Muguette, ne fait qu’augmenter cette admiration.

« Je crois qu’il prépare un coup. Un grand coup. J’en suis presque sûr.

« Je veux l’accompagner dans cette aventure.

« Je veux partager avec lui la grandeur. Sinon la chute, la déchéance !

« Je veux vivre à mille à l’heure ! »

 

 

1  « Ceci donne, naturellement, un nouvel élan aux spéculations concernant l’exception culturelle française. Une exception, on le voit bien, créatrice d’élites ; la presse française se distingue de nouveau du reste ! Dans ce monde condamné à la démocratie, une élite – en l’occurrence, journalistique – refait surface. Tous les autres avions, contenant des presses présidentielles, royales, impériales, dictatoriales ou autres, avaient déjà atterri, ou, au pire, allaient atterrir bientôt dans la capitale nomadienne. La presse présidentielle française, par contre – non !

 

« -Pourtant ce n’est pas un détournement, mais ‘tout simplement’, autre chose.

« Aurait-on besoin de dire que c’est – de tout évidence – un caprice ? »

 

Partager cet article

Repost0

commentaires