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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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3 novembre 2018 6 03 /11 /novembre /2018 08:26
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 11)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Les nombreux Directeurs Généraux de RFCVIPMU sont des énarques. Tous. Voire plus. (Le plus que tous, c'est du possible à RFCVIPMU voilà !) Néanmoins, tous n’ont ni le même âge, ni le même sexe. Tous. Les différences sont de taille. Les confrontations entre les générations, couplées parfois avec celles entre les sexes, sont de mise. Voire plus. C’est une lutte sans pitié et sans merci. Tous les moyens sont non seulement permis, mais souhaités, désirés, imposés et bons.
 
Arrivées relativement récemment dans l’arsenal des combattants, les armes psychologiques sont à la mode. Voire plus.
 
- Elles sont in.
 
Il s’agit, d’abord et bien évidemment, de ce que certains appellent la psychologie des masses, des foules. C’est un chapitre bien fourni à la suite de deux guerres mondiales et une guerre froide. Voire plus encore car affinités.
 
- Il s’agit, ensuite, de psychologies individuelles.
 
Selon nombre de têtes plus ou moins brûlées d’aujourd’hui, ces satanées psychologies individuelles sont chic, voire très (chic). On approche ainsi l’Hydre Spécifique cachée dans cette humanité où certains sont des clochards (au minimum) ou (au maximum) des despotes.
 
- Absolument !
 
...Les deux bouts de ce segment étant reliés – ou même pas ! – d’une manière virtuelle, voire imaginaire – ou même pas –, en partant du paradoxe fondateur, selon lequel la seule psychologie possible dans l’époque contemporaine est celle de la masse individualiste, mais aussi celle de l’individualisme de masse, c’est à dire, dans une traduction légère (et chic ! et sic !), la psychologie ahurie et ahurissante, incompressible et incompréhensible, voire nulle.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 08:05
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 10)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Mais qu'est-ce qu'ils ont à faire dedans les techniciens de la Brigade ? demanda donc Cocâltãu.
 
Ça avait l'air logique.
 
- Question de solidarité.
 
Le Délégué Syndical fit un geste qui, dans ces circonstances, signifierait probablement « c'est comme ça et pas autrement ».
 
Logique encore.
 
L'expression faciale et corporelle du Directeur ressemblait à une interrogation muette.
 
Le Délégué surit avec une certaine condescendance. Il va lui expliquer. Il va s'expliquer. Il va expliquer.
 
- Notre collaboration est vraiment très serrée. Pratiquement, toutes les missions, nous les faisons ensemble, les techniciens de la brigade et les journalistes sportifs. Sur le terrain, vous savez, les liens qui se tissent entre les gens attelés à la même tâche s’avèrent souvent indestructibles. À la limite on ne pourra plus différencier les journalistes de techniciens. Et finalement, on peut se demander si ce n’est pas le but même de l’avancement de la technique, de la technologie et de leur civilisation. De notre civilisation. Du moins de celle de la RFCVIPMU. C’est du Marx et du Orwell.
 
- Ce que tu fais, maintenant, dit le Directeur, c’est de la psychologie. D’où tiens-tu ce savoir-faire ? De ton syndicat ?
(Ironie, ironie, quand tu nous tiens !...)
 
- Je me réjouis du fait qu’on se tutoie.
 
L'expression du Déléguée était plutôt raide.
 
- Il était temps. Au fait, ce n’est pas seulement du syndicat que je tiens cette technique, pour répondre à ta question. C’est aussi une affaire de bon sens. De ce point de vue – je parle de bon sens –, de ce point de vue, je ne suis qu’un dilettante, c’est vrai, mais, sans me vanter, un dilettante de génie. Enfin, tout ça pour dire que l’idée n’est pas mauvaise, je trouve ! Elle déborde même de bon sens, il faut le reconnaître. Elle est en plus porteuse, disons, enceinte, grosse, d’une originalité indéniable. Qui, dans ce monde sous-lunaire, pourrait oser une telle aventure ? (pause, ensuite, reprise:) Commenter en direct, à la radio, intégralement et en solo la course du Marathon ! C’est unique au monde, c’est clair !
 
- Mais il n’y aura pas de Marathon en Nomadie, s’insurgea Cocâltãu. Il s’agit simplement d’un Sommet de la Francophonie. Un Sommet comme tous les autres. De la Francophonie.
 
- Justement ! Organisons-en un ! Je veux dire, un Marathon. Les comptes rendus politiques et les interviews de tous genres, c’est bien. Mais un Marathon, là où personne ne s’attend, c’est encore mieux ! C’est absolument révolutionnaire. À la limite, même pas besoin d’en organiser un. Je parle de Marathon. Il suffit de le transmettre.
 
Zakharias Cocâltãu photographia son interlocuteur d’un regard ébahi.
 
- Pas besoin de comprendre, reprit le syndicaliste. Just do it. En échange, tu auras la brigade à tes côtés. Dans la confrontation avec Madame Pinçon, l’aide de la brigade vaut de l’or, fais-moi confiance. À propos, tu sais quel est son surnom ? Je parle de la mère Pinçon.
 
- Non ? C’est quoi ?
 
- La Naine-qui-pue !
 
Le Directeur éclata de rire.
 
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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 08:37
Œuf de fou
- pseudo-satyricon -
(suite 9)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Explication (suite et fin).
 
La Brigade, donc, était pleine de techniciens. Débordait de techniciens. Vomissait les techniciens.
 
Un arrangement propre à RFCVIPMU faisait de la Brigade une Forteresse. Syndiqués jusqu'aux dents, ses techniciens jouissaient d'indemnisations généreuses de déplacement. Ils dispensaient des petits cadeaux à leur retour des mission. Leurs chefs, pas trop nombreux, recevaient de la part de chacun des techniciens des petites « attentions » individuelles ; ou des cadeaux collectifs un peu plus grands. Si ce n'était une enveloppe « bien pensée » carrément.
 
Corruption ? Non. Compréhension. Normalité sacrificielle. Du raisonnable. De la sympathie. De l'amitié. De la tendresse. De l'amour.
 
Les techniciens de la Brigade, en mission, se remplissaient « la panse visuelle » de réalités merveilleuses du monde. Chose qui nous ramène au début de notre explication présente, active. Les journalistes partaient parfois en mission ; chacun selon sa spécialité. Les techniciens partaient tout le temps ; sans spécialité aucune. Sans spécialité aucune, ils se nourrissaient sans cesse, à tort ou à raison – plutôt à tort – des merveilles dites du monde. Ils s'en gavaient.
 
Ils étaient des privilégies. Ils comptaient garder leurs privilèges. La grève – qui horripilait le staff de la RFCVIPMU – était pour eux une deuxième nature.
 
Comprendre qui pourra.
 
C'était l'opinion générale.
 
Les images ingurgitées et digérées absolument silencieusement par les techniciens de la Brigade, étaient liées d'une manière subtile et perverse aux diamants de la Présidence dont il y aura question plus tard.
 
Il s'agit d'une composante pas trop importante, mais quand-même, de la substance de l'Œuf de Fou.
 
C'est une donnée, un diktat.
 
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30 octobre 2018 2 30 /10 /octobre /2018 08:08
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 8)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Vous n’allez pas vous mettre en grève pour ça, quand même, dit Zakharias Cocâltãu rompant le silence qui commençait être un peu pesant. Comme vous voyez, j’accorde plus d’attention au côté social de votre phrase qu’à celui intellectuel. Je confirme ainsi l’opinion de l’opinion publique – l’opinion publique n'est que le cumul des opinions publiques, n'est-ce pas ? – et j’écarte l’autre possibilité. Tout ça à l’aide d’un raccourci que je crois l’avoir bien pris.
Le dialogue se compliquait d’une manière vertigineuse.
 
- En grève, certainement pas, saisi le Délégué Syndical l’occasion de renouer le dialogue qui paraissait compromis. Pas pour l’instant, du moins. Mais, vous savez, comme pour toutes les missions, la brigade sera sollicitée.
C'était une grenade. Un épouvantail.
 
Explication.
 
La brigade de RFCVIPMU est constituée de techniciens. Des gens, la plupart des hommes, férus de l’installation éphémère et de la manipulation des câbles, micros, boutons et toutes sortes d'affaires radiophoniques. Il arrive des fois que l'aide de ces techniciens dépasse les frontière techniques et qu'ils se substituent aux journalistes. C'est surtout le lendemain d'une « cuite exacerbée ». La réciproque n'était pas, à cette époque-là, valable. Le journaliste ne pouvant pas remplacer le technicien. Ou très-très rarement. Cuite ou pas cuite.
Depuis, pourtant, le choses ont changé. Le journaliste parti en mission est muni aujourd’hui d'une « valise satellite » qui lui permet de réaliser des reportages très-très complexes et même très-très en direct et, bien sûr, même très-très vidéo, non seulement très-très radio. Très.
 
Mais cette époque-ci de la valise satellite n'était même pas envisagée à l'époque de ce récit. Autrement dit, les techniciens étaient toujours nécessaires.
 
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29 octobre 2018 1 29 /10 /octobre /2018 10:08
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 7)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Les yeux de Zakharias Cocâltãu, un homme de taille moyenne, plutôt maigre et assez effacé fixaient la page. Il ne la lisait pas. À croire que le Directeur Général la photographiait.
 
Il émanait, il rayonnait une subtile immobilité sculpturale.
Enfin, après quelques instants, il leva les yeux.
Devant lui, assis dans un des deux fauteuils spartiates de bureau, en cuir et métal, Pierre Laisarde, un des Délégués Syndicaux de la maison, petit, vivace, avec des cheveux noirs et joliment bouclés, abordait une attitude de digne humilité.
Il était ferme, révolutionnaire et objectif.
 
- Je comprends, dit Cocâltãu. Mais je crains de ne pouvoir rien faire. C’est le domaine exclusif du Directeur des Français, de Stroë. Et je ne vois pas comment le persuader. Quels sont vos arguments ?
 
Un sourire ambigu, entre malin et servile, s’étala sur la figure du Délégué Syndical.
 
- Il y en a deux. L’un de type intellectuel, l’autre de type social.
 
Cocâltãu afficha la surprise. Il ne s’attendait pas à un tel raffinement de pensée de la part du Délégué Syndical. Cependant, il serait présomptueux de dire s’il était sincère ou pas. Si c’était du vrai ou de la dissimulation. Par ailleurs ce n’était pas la question. Ce n’était même pas la question. Les Directeurs de la RFCVIPMU ne connaissaient pas trop la sincérité. N’avaient aucun contact avec elle, pour ainsi dire. N’importe ! Maintenant c’était comme ça et pas autrement : l’expression évocatrice, intégralement muette mais faciale et corporelle, de Cocâltãu trahissait un état d’esprit apparentée à la surprise.
 
Le moment de silence qui s’en suivit fut probablement un moment de pensée, de réflexion. Un moment rare. Un moment précieux. Voire impossible. Quoique. Le Délégué Syndical paraissait surpris de la complexité de son propre esprit. « L'un de type intellectuel, l’autre de type social », avait-il dit. C’était bien sûr au delà de ses compétences. C’était pour « épater les bourgeois ». Peu de gens au monde pouvaient accorder du crédit à l’idée qu’un Délégué Syndical serait en état de s’exprimer de cette façon. Le volet syndical de la pensée syndicale excluait les manifestations intellectuelles.
 
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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 14:08
Bagatelles
cueillies et inventées dans un Club de Bridge limousin par un Roumain d'origine divine
 
 
Les empaillés
 
Les cœlacanthes sont représentés aujourd'hui par deux espèces vivantes. On a cru longtemps qu'il s'agissait d'un groupe de spécimens fossiles largement représentés dans les alluvions du Dévonien au Crétacé.
 
- Avec une apparente extinction à la fin de l'ère secondaire.
Est-ce que le nom de Louis Agassiz me dit quelque chose ? Non ?
 
- Eh ben, il a été prof à l'Université de Neuchâtel, dans la première partie du dix-neuvième.
 
La découverte des premiers fossiles fut son œuvre : cinq volumes de « Recherches sur les poissons fossiles »
Les cœlacanthérés firent alors leur apparition dans la culture.
- Ce sont des poissons à nageoires charnues.
 
Leurs nageoires pectorales et anale se rattachent au corps par des appendices carnés raidis par un os. Leur queue ou nageoire caudale diphcerque est divisée en trois lobes, le lobe central étant un prolongement du notochorde. Les cœlacanthes ont subi une modification de leurs écailles cosmoïdes qui sont plus fines que chez les autres poissons. Les cœlacanthes jouissent également d'un organe électro-récepteur à l'avant du crâne. Cet organe, appelé « rostre » joue sans doute un rôle dans la détection de leurs proies. Il pourrait aussi intervenir dans l'équilibre de l'animal, l'écholocation expliquant sa locomotion...
 
Ensuite, Lucie se tait. Cette rousse, Juive d'Odessa, a sans doute été une beauté dans sa jeunesse. Sa tête décharnée, uniquement la peau sur les os, témoigne d'une certaine élégance ontologique, transcendant l'âge, le sexe, la race. Elle me regarde avec ses yeux humides et étincelants.
Nous attendons l'arrivée de la nouvelle paire d'adversaires.
Lucie a été, il y a vingt ans, chercheur au CNRS. Pareil pour son compagnon. Elle s'était spécialisée en cœlacanthérés, lui en Rameau. Ils avaient dédié leurs vies à leurs sujets respectifs. À la retraite, ils se sont repliés sur le Limousin. Ils habitent aujourd'hui une belle maison, à la campagne. L'air y est pur. Le silence, total.
 
Lucie joue au bridge. Son mari, non. Leurs enfants viennent à tour de rôle, avec leurs propres enfants, pour voir les vieux et pour se faire voir par ceux-ci.
 
Ils sont, sinon heureux, du moins sereins.
 
J'ai le sentiment d'être regardé-crucifié par un cœlacanthe empaillé. Ou par Rameau – empaillé, lui aussi.
 
- Si c'est pas moi l'empaillé.
 
Si.
 
 
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28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 09:41
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 6)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Les deux directeurs gobèrent encore une gorgée de tequila.
 
- Je peux essayer, dit Icã Glande. L’idée de l’Oubli me plaît. Oui ! Il y a des ténèbres dedans. Comme le sous-son d’une contrebasse ou d’un tuba. Oui, oui. Ça me dit. Je la prends. J’aurais à essuyer les foudres de ma Junon, mais je pense que ça ira. En plus, son dada actuel est le Souvenir. Elles feront une belle équipe, ta nouvelle et mon ancienne, l’Oubli et le Souvenir. On les mettra ensemble, pour s’annihiler l’une l’autre, et nous allons nous faire entre temps la petite Yovanka ! Qu’est-ce que t’en dis ? Elle est si pâle, elle a les yeux tellement grands et cernés, elle a un air si triste ! Elle me tue ! Je n’en peux plus ! Je dois me la faire ! Seul ou avec toi. Ou plus, si affinités. Je bande déjà.
 
- À condition qu’il n’y ait pas de grève, marmonna Stroë.
 
- Je comprends et je compatis, ironisa Icã. Il n’y a rien de plus Larcin et Mélodrame qu’une bonne grève. Mais, hélas, il n’y aura pas de grève. Il ne se passera rien. Rien. Au maximum une petite manifestation interne. Et encore ! Depuis que les jours de grève ne sont plus payés, depuis que le Larcin et le Mélodrame sont passés dans la vie réelle, rien ne bouge, tu ne vois pas ? Il n’y aura rien, crois-moi.
 
Icã montra ses dents dans un sourire obscène et gai.
 
- Surtout pas de grève des bites !
 
Ensuite, avec une certaine tristesse :
 
- C’est ça la vie : du sexe et du social. Du social-sexe !
 
Les deux directeurs vidèrent leurs verres. Dans leurs regards troubles et vides, étincelaient très discrètement des soupçons de conscience, de concupiscence, de lubrique, de luxure, ainsi qu’une larme de quelque chose – quelque chose de si petit ! – dont on ne pouvait pas dire si c’était du souvenir ou de l’oubli.
 
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27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 08:07
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 5)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Ça tombe bien, dit ensuite Stroë. Je voulais te parler un peu de cette mission en Nomadie. J’aimerais que tu prennes ma nouvelle – tu ne la connais pas, c’est du tout frais – sur ton budget. Je ne sais pas, en tant que consultante, ou quelque chose de ce genre. Pour moi c’est impossible. J’ai les Finances sur mon dos tout le temps. Toutes mes lignes budgétaires sont regardées à la loupe. C’est pire qu’un redressement fiscal. Je ne sais pas ce qu’elle veut, la mère Pinçon, mais si elle veut que je la baise, pas question.
 
- Et ça ne fait que l’enrager, compléta Icã en avalant une nouvelle lampée d’alcool. Elle descend bien, ta saloperie. Hooouuuh, ça secoue ! Et dire qu’il ne nous est pas difficile d’avaler ça ! Enfin ! Je vais voir. Pourquoi pas ? Mais consultante en quoi, de quoi ? Qu’est-ce qu’elle sait faire ?
 
- Normalement, rien.
 
- Rien ! ?
 
- Rien ! Justement ! Elle est étudiante, mais que dis-je, spécialiste en Oubli.
 
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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 09:08

 

 

Œuf de fou

- pseudo-satyricon -

(suite 4)

 

«  Quelle est la différence

entre nous et une maison de fous ?

Ils ont une direction lucide, eux ! »

Blague audiovisuelle.

 

« La folie de l’homme raisonnable

est anatomisée à fond par

le clin d’œil du fou. »

Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57

 

 

La porte s’ouvrit et le chef des Reportages fit son apparition dans le bureau. Il venait informer son directeur, Stroë, du fait qu’un des journalistes de son Service ne voulait plus partir en mission.

- Il dit qu’on y meurt trop aujourd’hui. En mission, c'est à dire. Trop de morts. Il dit que tout le monde partage son opinion : partir en mission dans le monde, aujourd’hui, c’est suicidaire. Dans le meilleur des cas, c’est une visite rendue à l’intérieur de son futur cercueil. Il fait chier, quoi ! Il nous agite aussi sa Carte de Journaliste et ses syndicats. Chier ! C’est clair ! Chier grave !

- Non, mais ! tonna Stroë. Pour qui il se prend celui-là ? Tu vas lui dire qu’il a le choix : ou bien il avale ses pilules de kamikaze et il fait en sorte qu’on ne voit plus ses os ici, à Paris, mais qu’on l’entende illico presto bêler ses correspondances à l’antenne, ou bien il prend rendez-vous chez son banquier pour voir comment il va nourrir ses enfants une fois mis à pied et limogé ! Tu lui diras en plus, amicalement, que je t’ai dit confidentiellement qu’un con pareil, je n’en ai pas vu depuis très longtemps, Carte ou pas Carte, syndicats ou pas syndicats ! Compris ? ! À part ça, tu veux boire quelque chose ? J’ai une tequila mortelle !

Après s’être exécuté et avoir absorbé un demi-verre, le chef des Reportages quitta le bureau de Stroë, l’estomac ulcéré, la tête basse et la queue entre les jambes. Il savait bien que le Service tout entier allait le culpabiliser. C’était lui qui allait porter le chapeau, personne d’autre. En tout cas, pas Stroë, qui faisait peur à tous avec son inconnu1.

- Que c’est con ! dit Stroë à voix basse, quand la porte se fut refermée derrière le malheureux chef du rebelle.

En remplissant de nouveau les verres :

- Con ! Il n’y a pas d’autre mot ! Je parle de tout et de tous. Tout est con. Tout ! Ils sont des cons à manger du foin. Tous ! Mais c’est pas assez.

Après avoir donné son verre à son hôte, en levant le sien :

- À nos couilles !

 

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1 C’est connu et reconnu : les journalistes maîtrisent le connu, exclusivement. On dit parfois qu’ils sont les maîtres du connu. L’inconnu ? Trop compliqué ! Il leur fait peur, il leur donne la nausée ! Au mieux, il les ennuie ! D’autant plus, lorsqu’il s’agit d’un chef et de son inconnu.

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25 octobre 2018 4 25 /10 /octobre /2018 09:40
Œuf de fou 1
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(suite 3)
 
«  Quelle est la différence
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De retour dans son bureau, situé juste à côté de « l’open » du Secrétariat de Rédaction, Stroë reçut la visite d’Icã Glande, son homologue des Rédactions en Langues, qui, massif, goujat et brutal, comme toujours, cherchait un refuge. Il fuyait Ginette, une ancienne assistante de production, qui, cancéreuse, toujours en vie et retraitée, rendait de temps en temps visite à ses anciens camarades et collègues.
 
Aujourd’hui, après avoir déposé son sac sur le bureau de Kkokko (l’assistante de la Rédaction en langue ***, qui l’avait remplacée), qui s’absentait pour n’importe quel motif, était sortie pour voir ses camarades des autres Rédactions.
 
- C’est qui qui a mis ça sur mon bureau ? avait demandé Kkokko, de retour dans la pièce, avec une évidente aigreur méprisante.
 
- Ginette.
 
- Pouah ! Cette femme ! La mort la cherche chez elle, et elle vient nous infester, ici !
 
Ces paroles furent vite relayées par la radio-couloir (la plus efficace des radios) jusqu’à Ginette, trois étages plus bas, où celle-ci bavardait en infestant l’existence d’autres ex-collègues. Ginette avait éclaté en larmes et, les yeux sortis d’orbites, les cheveux hérissés, avait fait irruption dans le bureau d’Icã pour lui demander réconfort et justice.
 
- Je me suis enfui comme un lâche ! soupira ce dernier en regardant Stroë, son ex-compagnon d’avant le Grand Caprice. T’as pas quelque chose à boire, par hasard ?
 
- Quand est-ce que tu m’as surpris à sec ?
 
Mais Stroë n’eut pas le temps d’ouvrir le petit frigo bien dissimulé sous le bureau et bourré de bouteilles diversement colorées : le téléphone sonna, et Stroë décrocha.
 
- Fais-le entrer !
 
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