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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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7 mars 2019 4 07 /03 /mars /2019 08:04
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 84)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Distorsion
De la « grappation »
 
À RFCVIPMU, les deux Directeurs qui dirigent directement les journalistes se trouvent depuis longtemps dans une confrontation professionnelle sans issue. Sur le plan personnel, ils s’entendent plutôt bien. Ils sont des bons amis. Il leur arrive même de participer ensemble à des débauches. (C’est le cas maintenant, avec leurs projets concernant les futurs moments de détente dans le cadre du Sommet de la Francophonie qui s’ouvrira aussitôt en Nomadie. – Aussitôt, c’est-à-dire dès leur arrivée dans ce pays – ce qui n’est pas trop évident, vu l’état des horaires de vols réguliers et irréguliers vers et à partir de la Nomadie !). Mais lorsqu’il s’agit du partage des tâches et du budget, la bête reprend ses habitudes (ou ses « droits ») et la situation s’envenime vite. Heureusement, leurs bagarres ne dépassent pas le cadre institutionnel – on dit même que c’est de la bonne guerre –, et la Présidence de RFCVIPMU trouve dans ces deux Directeurs, Icã et Stroë, des complices très malins et affûtés, capables d’embobiner n’importe quelle Tutelle pour la faire perde son latin, à savoir la maîtrise du budget. Du point de vue professionnel, pourtant, les deux évoluent d’une manière que certains peuvent trouver très intéressante mais qui peut dégénérer très vite. Aujourd’hui encore, le débat se porte autour d’une certaine « grappation » du public.
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
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Blog : www.alexandre-papilian.com/
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5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 09:00
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 82)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Mais d’où est-ce que tu tiens tout ça ? demanda Cocâltãu. En t’écoutant, on a l’impression que RFCVIPMU ne se contente pas de la simple diffusion des news. Mais c’est quoi le reste ? Je commence à ne rien comprendre. Un tas de choses m’échappent. J’ai peur que je ne sois pas vraiment de ce monde.
 
Zakharias Cocâltãu sourit (ce qui n’était pas évident pour lui).
 
- Ma mission, ma vraie mission, continua-t-il, est peut-être finie. Peut-être, avec l’arrivée du Grand Caprice. Ce qu’on voit maintenant de moi n’est, peut-être, qu’une pâleur, même pas une ombre de ce que j’étais naguère. Alors ?
 
- Alors ?
 
- Oui, alors ? D’où est-ce que tu tiens tout ça ?
 
Stroë hésita. La peau de son front se fronça.
 
- De la machine à café, murmura-t-il.
 
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3 mars 2019 7 03 /03 /mars /2019 08:42
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 81)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Il (Stroë) continua à lire à haute voix :
 
» En tout cas, Grassoull forme un couple célèbre, là, en Nomadie, avec un certain Humanitas Sttrattullatt. Leur amitié dure depuis leur jeunesse.
 
» Humanitas Sttrattullatt est aujourd’hui, en apparence, le plus grand commerçant des livres non-écrits, à ne pas écrire et surtout non-lus et à ne-pas-lire. En apparence, car, en réalité, c’est un grand, le plus grand infuseur de culture confuse dans la diffuse société nomadienne. Tout le monde lui tire sa révérence, car ce n’est pas rien de fusionner avec autant de confusion avec le diffus.
 
» Dans leur jeunesse, les deux, Viorell Grassoull et Humanitas Sttrattullatt, ont fréquenté la plus grande personnalité nomadienne de l’infusion, Tchiorap Nojita.
 
» Les deux jeunes, Viorell Grassoull et Humanitas Sttrattullatt, ont quitté dare-dare leurs études de comédiens commencées avec brio – ils avaient, tous les deux, un de ces talents, surtout lorsqu’il s’agissait des grimaces inexpressives, qui étaient leur dada !… –, pour aller s’isoler avec Tchiorap Nojita dans une des cavernes que la société nomadienne de l’époque savait mettre à la disposition des détenteurs de caprices anciens interdits.
 
» - L’infusion du confus dans le diffus en faisait partie.
 
» Ce qui attirait le plus les jeunes Viorell et Humanitas était la confusion du maître de l’infusion. Une confusion qui allait comme un gant à la diffusion dans la masse nationale nomadienne.
 
» Après des années et des années d’études et de travaux communs, Tchiorap Nojita mourut, et ses disciples profitèrent de l’occasion pour se libérer de sa pression/oppression confusionnelle.
 
» Il le dénoncèrent comme mort.
 
» Ils brisèrent le socle sur lequel la société nomadienne diffuse avait hissé son gourou de la fusion confuse, et commencèrent à se partager le gâteau confusionnel nomadien, en pratiquant un nouveau style d’infusion du confus dans le diffus.
 
» Dorénavant, l’infusion n’était plus de mise. La confusion généralisée et théâtralisée (mise en comédie) selon le talent des deux amis devint dominante.
 
» Ensemble, ils dirigent maintenant l’Opinion de la Nomadie. C’est à dire, la Grande Inexistante. Ce qui n’est évident pour personne. D’où leur importance extraordinaire pour la civilisation actuelle ; pour la Civilisation-tout-court !
 
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2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 08:48
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 80)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Rétention d'information
 
Selon les machines à café, Stroë considérerait qu’on meurt trop autour de lui.
 
Il aurait dit, aussi, que le gouvernement trouve sa raison d’être dans les grèves du service public ; il faut que le service public, d’abord, mais d’autres services aussi, aient contre qui manifester.
 
Il annoncerait qu’il cherchera refuge dans l’Oubli béant offert par Gnito. (La salope ! – cris de Lãcrãmioara.)
 
(À propos du concept de refuge, voilà un cas très particulier et très symbolique pourtant. Le cas d’un très connu acteur de nationalité très globalilienne, un certain Xcérard Wepardieu. Étant très connu, proie mûre des paparazzi, il risquait d’être poursuivi par le fisc dans sa Globalie natale. Aussi, il entra en conflit avec son premier-ministre, qui le traita de minable. Il quitta la Globalie et trouva refuge et réconfort dans les bras d’un très connu Président International, un certain Kladimir Tsoupine. À partir de ce moment, l’Oubli commença son travail avec beaucoup de doigté – dans toute sa splendeur. Xcepardieu fut logé rue de la Démocratie, à Maransk, capitale de la Sordovie, une région située à environ 650 km à l’est de Psoscou, connue surtout dans la Globalie mais aussi dans le Monde pour ses camps de détention. Une fois casé, Xcérard commença à avaler de l’Oubli au-delà du supportable, au point de lui donner – à qui ? à l’Oubli, voyons – ses propres dimensions hyper-totales, de méga-star plus que connue, des dimensions perdues à perte de vue, dans l’inconnu, zone où les journalistes, apôtres du connu, ne mettrons jamais le pied. L’Oubli (re)commença à jouer ainsi le grand rôle existentiel de l’Inconnu.)
 
Icã, quant à lui, se considérerait appartenir à un autre temps. Il n’aimerait pas les shows médiatiques. Il s’opposerait, donc, aux pressions que Lãcrãmioara exercerait sur lui pour interviewer Viorell Grassoull. Cela ne lui inspireait pas grande confiance. Voire pas du tout ! Et puis, s’offusquerait-il, c’est quoi cette langue, cette langue nomadienne ? ! Elle n’est même pas méconnue !
 
- Justement, s’empresserait Lãcrãmioara de plaider sa cause. Une langue méconnue, quoi de plus banal. Tout le monde peut y accéder, tout le monde peut en avoir une ! C’est à la portée des tous. Mais une langue de Nomadie, une langue nomadienne !… Tu te rends compte ? Tous les Nomadiens du monde entier, venus des tous les pays et des toutes les langues, la pratiquent. Il n’y a que Dieu qui pouvait faire ça. Et encore ! En tout cas, Grassoull… 
 
Fin temporaire de la rétention d'information
 
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1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 10:18
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 79)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
- Il est bon à savoir d’abord, dit Stroë que la Nomadie n’est pas un pays francophone. Elle ne fait même pas partie de la Francophonie.
 
- Comment ça ? s’étonna Zakharias Cocâltãu. Alors, pourquoi un Sommet de la Francophonie en Nomadie ?
 
Le Directeur des grenouilles haussa les épaules avec ironie et mépris.
 
- C’est un truc dont je ne suis pas du tout le destinataire, dit-il en désignant d’un geste le fichier ouvert s’étalant sur l’écran du portable. Il n’y a même pas de destinataire. Par contre, il y a un auteur. Je crois savoir qui c’est. Mais peu importe. Il nous rend service, ce truc, et c’est suffisant. Donc, voilà ! Je cite :
» Mon actuel Ministre des Affaires Étrangères et des Tribus, Viorell Grassoull, est petit, court, rond et gros, comme la gomme d’un crayon à gomme pour un agenda de fillette obèse et masculine. Sa barbichette, un ancien modèle socialiste français, accentue ses traits inexpressifs, à la Botero ou pire encore !
 
- C’est qui qui écrit ça ? demanda Cocâltãu.
 
- Un nomadien, sans doute.
 
- Oui, mais qui ?
 
- Ça… !
 
Stroë haussa de nouveau les épaules en signe d’impuissance, mais son regard disait le contraire.
Zakharias Cocâltãu se tut.
 
Stroë reprit la lecture :
 
» On me fait savoir qu’une grande agitation règne au ministère. Viorell Grassoull doit seconder le Président de la Nomadie lorsque celui-ci recevra les Présidents invités. Parmi ceux-ci, le Président français, tout naturellement. Quant à Grassoull, il doit rencontrer certainement ses homologues français et francophones. Pourtant, la Nomadie n’étant pas francophone, Viorell Grassoull n’a rien à cirer de la Francophonie. Ce qui n’est pas, visiblement, le cas de ses homologues français et francophones, trop happés, voire violés par la francophonie qui leur est propre, ou, mieux et plus simple encore, par leur propre francophonie.
 
» Ce sera très intéressant de voir comment ils s’acquitteront de leur tâche, comment s’appliqueront-ils à imaginer des déclarations-devoirs anti-américaines, tout en pensant silencieusement et licencieusement le contraire, tout en se réunissant ici et là, ou ailleurs – le cas échéant en Nomadie –, au nom des problèmes sans nombre et sans issue de la Globalisation, de la Mondialisation, du Sans-Aucun-Intêret qui donnent des maux de tête à tout le monde, après la chute du Mur de Berlin (principalement) et (pour un certain nombre non-défini) après la chute dans le Grand Caprice – dont tous les rescapés ne sont pas sortis indemnes.
 
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28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 08:45
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 78)
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Puis, il (Stroë) posa de de nouveau la même question rhétorique :
 
- Et pourquoi pas en prophylaxie ?
 
Il (Stroë) paraissait possédé par une idée qui manquait encore (et toujours, peut-être pour toujours) d'une éjection/expression convenable. Une idée exemplairement manquante, donc. Une idée à mettre en relation peut-être avec les langues méconnues dont RFCVIPMU gardait jalousement le secret1.
 
Puis, en cachant son effort :
 
- J’irai donc à l’essentiel, au portrait de Grassoull, de Viorell Grassoull, tel qu’il est peint ici, dans ces lignes numériques et insonores, truffées d’informations.
 
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26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 08:30
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 77)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Stroë fit tourner un peu le texte sur son ordinateur.
 
- Ceci est un rapport parlé et conservé à l’aide de graphismes qui n’ont rien à voir avec les hiéroglyphes, ni avec les idéogrammes asiatiques, mais seulement avec les dessins infantiles qui trahissent tellement souvent et bien les trucs intimes des enfants en question, que les psys ont décidé de dévier, voire de transformer les dessins, peintures, broderies, sculptures, musiques, danses, et que sais-je encore, et, plus tard, l’écriture – la littéraire, la comptable, la politique, l’administrative, celle des modes d’emploi incompréhensibles, la technique, la génétique, et beaucoup d’autres encore – en interprétation mais aussi en automédication et, pour ce qui est de l’écriture journalistique, en prophylaxie1.
 
Il s'arrêta, fatigué par la longueur et la complexité de la phrase.
 
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25 février 2019 1 25 /02 /février /2019 08:23
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 76)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Dans l'avion de la Presse Présidentielle, Stroë rencontra le regard de Zakharias Cocâltãu. Dans les yeux du Directeur Général luisait la sympathie. (Chose inhabituelle et inattendue pour RFCVIPMU.)
 
Stroë sourit et bougea la tête en guise de réponse, d’acceptation, de sympathie aussi. Cocâltãu l’invita d’un geste à venir s’asseoir près de lui.
 
- Ça va ? dit Cocâltãu lorsque Stroë posa ses fesses sur le siège inoccupé.
 
- Ça va fort ! répondit Stroë avec une expression qui contredisait résolument cette affirmation.
 
- Mais qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
 
- Rien. Encore un coup de blues. Les voyages me stressent toujours. En même temps, ils m’ennuient.
 
- Qu’est-ce que tu veux, mon vieux ! Il faut s’y faire pourtant.
 
- Je ne dis pas non ! Mais, n’empêche…
 
- Dis, fit Zakharias Cocâltãu après une hésitation presque insaisissable, comment va Gnito ?
 
- … ?
 
- Ben, oui. Je la connais. On se connaît depuis longtemps. Du temps de Barbara... Enfin, je crois. Tu sais, après le Grand Caprice, tout est devenu extrêmement compliqué. Même le rien.
 
- À qui le dis-tu ? sourit Stroë.
 
- Non, mais c’est vrai. Tu sais, aujourd’hui, je veux dire, dans cette époque ultérieure au Grand Caprice, que nous partageons comme nous avons partagé l’époque qui le précédait, je suis passionné par la psychanalyse et par la religion. Mais où trouver le temps ? Nous sommes phagocytés. Je veux dire, par RFCVIPMU. C’est plus que vrai. Par exemple, cette mission en Nomadie !
 
- Absolument. En tout cas, je ne me souviens plus ni du Grand Caprice, ni de ce qui était avant, et en plus la Nomadie n’est pas un pays comme les autres. Moi, c’est la sixième fois que je m'y rends.
 
- Et alors ? Qu’est-ce que t’en dis ?
 
- Hum. Pour faire court, je dirais qu’on ne se baigne jamais dans le même fleuve. Mais c’est plus que ça. Je crois que le trajet bio-professionnel de l’actuel ministre des Affaires Étrangères et des Tribus peut en dire long sur l’essence même de la civilisation nomadienne.
 
- C’est-à-dire ? Quel est son nom, déjà ?
 
- Grassoull, Viorell Grassoull.
 
Stroë eu un moment d’hésitation.
 
- Attends !
 
Il se leva et s’en alla pour revenir avec son petit ordinateur qu’il alluma sans tarder.
 
- C’est en nomadien, annonça-t-il en faisant défiler le contenu du dossier « Grassoull ». Le nomadien est une langue tantôt parlée, tantôt écrite, jamais parlée et écrite à la fois, souvent ni parlée ni écrite à la fois.
 
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23 février 2019 6 23 /02 /février /2019 08:30
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 75)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
Ensuite, Lãcrãmioara commença à mitrailler en saccades :
 
- J’aimerais qu’on parle un peu plus d’eux. ––– Je pense qu’ils sont tous les deux dans le même pétrin. ––– L’un autant que l’autre sont bourrés, gavés de et par la radio. Ils sont très radio. ––– Résolument radio. ––– Ils sont une essence, une quintessence de cette… phénoménologie. La radio c’est de la phénoménologie. Une phénoménologie extrêmement intense. ––– Invisible. ––– Aveugle. Incendiaire. ––– Capable de détecter, pourtant, son récipient d’accueil : le public souvent amorphe et informe, mais nombreux ––– jusqu’à l’énormité. Ils sont très, absolument radio – dans n’importe quelle langue. Même dans le silence, « silence radio » compris. La radio ––– prend toute la place qu’on puisse trouver dans leur intérieur. Il arrive qu’ils en vomissent. Qu'ils vomissent de la radio. Qu'ils vomissent la radio. Le trop-plein de ––– cette situation se transforme en vertu dès qu’on décide d’y déceler, d’y décanter de la passion, de la dévotion, de la géné ––– rosité. Enfin, tout ça ne peut se faire qu’en parlant. En parlant des langues (des mémoires) multiples, ou simplement français, peu importe. Icã s’épanouit dans la diversité. Stroë, lui, pense que dans chaque langue on trouve suffisamment de Grand Larcin, de Mélodrame et de Crime Universel et que, donc, on pourrait se contenter d’une seule langue, du ––– français, par ––– exemple. Et pour ––– finir, disons que la ––– radio et la télé font partie et participent en même temps à l’a ––– gencement (agencement) d’une culture très moderne : une culture sans mémoire, très sans mémoire.
 
- L’homme actuel, entra Gnito en /dans le jeu avec une ironie presque mordante, après avoir pris un air malin, l’homme actuel commence ––– avec sa mémoire. Plus précisément, dès que la mémoire personnelle contrarie la mémoire de l’espèce ou, plus largement, la mémoire des choses, voire celle de l’univers. L’homme finit (d’évoluer, d’avancer – ou purement et simplement d’être) dès ––– que les souvenirs commencent à le satisfaire. Des souvenirs vus ––– comme de l’herbe, comme du fourrage, comme de la nourriture pour le bétail. On les rumine. On les re-rumine. Chaque fois ils changent encore plus de contenu et de forme, mais pas de nature. Quant aux informations – pareil ! L’information, impersonnelle (sorte de mémoire sans avenir), représente la ––– nourriture actuelle de l’humanité. Difficile de dire en quoi elles consistent, les déjections dues à l’ingurgitation informationnelle. Peut-être ––– en de la bêtise publiée, publique ? Comment digère-t-on une information ? En la faisant écraser par d’autres infos. Notre estomac « informationnel » dit que nous sommes plutôt des autruches que des vaches. On avale et on broie l’information. On ne la rumine pas. Encore que… ––– …Et si on pensait un peu au modèle du ver de terre, qui métabolise des denrées situées à la frontière de l’organique et du minéral ? Et si on regardait un peu vers le métabolisme végétal, qui fait transiter le minéral vers ––– l’organique ? Et quid du métabolisme du fou ? Et puis pourquoi métaboliser à tout prix l’information ? Elle est, peut-être, une toute autre chose que de la nourriture, plaît-il ? Comme tous les ancêtres, d’ailleurs, métabolisés jusqu’à l’état de diamant taillé !…
 
Gnito s’arrêta et jeta un regard plus que provocateur vers Lãcrãmioara. En face d’elle, la femme du Directeur des Langues se taisait comme abasourdie. Et pour cause. Les diamants taillés faisaient leur apparition trop tôt.
 
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22 février 2019 5 22 /02 /février /2019 11:46
Œuf de fou 1
- pseudo-satyricon -
(suite 74)
 
« Quelle est la différence
entre nous et une maison de fous ?
Ils ont une direction lucide, eux ! »
Blague audiovisuelle.
 
« La folie de l’homme raisonnable
est anatomisée à fond par
le clin d’œil du fou. »
Shakespeare, Comme il vous plaira, II, 7 56-57
 
 
En France, lorsque vous refermez la porte de votre appartement, vous vous retrouvez chez vous et personne n’a le droit de violer votre intimité. Une intimité tellement forte que vous pouvez y trépasser. Dans votre intimité. Derrière votre porte fermée. En silence. En surdité. En toute intimité.
 
Lãcrãmioara, la femme d’Icã, et Gnito, la belle compagne de Stroë, se sentaient très seules derrière leurs portes respectives.
 
Leurs hommes, à peine partis, leurs manquaient déjà. Ils étaient partis à l'étranger, avec la presse présidentielle, avec le président. Elles devaient les rejoindre d’ici peu, dès qu’un avion civil prendra son envol pour la Nomadie. Mais on ne savait jamais quand un tel événement aura lieu – et SI.…
 
Poussées par une même impulsion, les deux femmes sortirent de leurs intimités respectives.
 
Elles se rencontrèrent à mi-chemin.
 
Elles vécurent un sentiment de réconfort.
 
<>
 
- Si je venais te voir, dit Lãcrãmioara en ouvrant la conversation, une fois leurs deux premiers verres de mirabelle et les deux d'eau minérale furent apportés par le garçon, si je venais te voir, c’est parce que je pense que nous avons beaucoup de choses à partager.
 
- C’est vrai, acquiesça Gnito. À partager. Des choses à partager, mais pas des choses en commun. Je veux dire, il y en a beaucoup qui nous séparent.
 
- Qu’est-ce que tu entends par là ?
 
Lãcrãmioara avait pris une allure presque agressive. Gnito aborda, en réplique, un air presque pensif. Elle faisait tourner son doigt sur le bord du verre de l’eau minérale ; le liquide émettait des fines bulles de gaz.
 
Accoudé au comptoir, un homme mal rasé sirotait lentement son petit blanc. À une des tables, une retraitée prenait son express en feuilletant le journal du quartier. Le patron, derrière le zinc, s’affairait autour d’une vaisselle invisible.
 
Il était à peine dix heures du matin.
 
- La vie fait son cinéma, dit Gnito indiquant avec un geste du menton « tout ça ».
 
- Hum ! Petit ! Tout est petit, répondit Lãcrãmioara. Et le cinéma, et sa vie. Je veux dire, la vie qui s’y trouve, qui est dedans. Qui y fait son cinéma. La vie de départ, quoi !...
 
- Et l’autre, la vie d’arrivée ?
 
Gnito était insolente. Subtilement agressive.
 
Lãcrãmioara ne répondit pas tout de suite.
 
- Tu sais, dit-elle finalement sans la regarder, je pense que t’as raison. Il y a beaucoup de choses qui nous séparent. Mais je me demande si ce ne sont pas les mêmes que nous partageons.
 
- Ce n’est pas impossible.
 
(première pause)
 
Elles pensaient à leurs hommes – toutes les deux.
 
(seconde pause)
 
- Peut-être, reprit Gnito. Ils sont tous les deux, comment dire, des initiés. Des initiés dont les natures, sans être différentes, sont contradictoires. Si je n’avais pas peur d’ennuyer l’auditoire, sourit-elle avec une auto-ironie qui lui était visiblement très agréable, comme une entreprise de très bon goût, je dirais qu’il s’agit d’un rapport comparable à celui qui gère la relation entre l’unité et la multitude.
 
- J’aime beaucoup cette situation, articula Lãcrãmioara avec une expression souriante de sympathie. Je pense que nous sommes faites pour nous entendre. Santé !
 
(troisième pause)
 
- Santé, leva Gnito son verre à son tour.
 
(quatrième pause)
 
Les deux femmes prirent chacune une gorgée d’eau minérale fraîche. Leurs verres étaient embués.
 
(cinquième pause)
 
- Je pense que notre rencontre n’est pas fortuite-fortuite, reprit Lãcrãmioara en évitant le regard de la jeune femme.
 
Celle-ci la dévisageait avec une attention particulière. Comme si elle voulait pénétrer jusqu’au septième sous-sol de l’âme de Lãcrãmioara.
 
(sixième et dernière pause)
 
Avertissement
Toute ressemblance
avec ce qui s'est passé,
qui se passe
ou
qui va se passer
à RFI
a été, est ou sera
fortuite.
 
Pareil pour toute différence.
 
 
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Blog : www.alexandre-papilian.com/
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