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  • : Alexandre Papilian
  • : Ne pas être seul dans la proximité de la création. - Partager ce qu'on peut partager pendant la lutte avec les ombres - pendant la danse avec. Personnalité(s) forte(s) et inconfondable(s), se faire intégrés dans des communautés riches en névrosées, bien intégrées dans le monde actuel.
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  • Alexandre Papilian
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !
  • Ecrivain et journaliste franco-roumain. Le sarcasme dépasse de loin la tendresse qui,elle, reste un voeu créateur de nostalgie. Volilà !

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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 09:27

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 38

Je comprends mieux ce qui m’arrive. J’ai trouvé mon centre. C’est soulageant !

Je comprends beaucoup mieux le quoi, le comment, le pourquoi des visites que me rendent le petit roquet Dufayer, sa mère, le Coréen de Pompadour et sa jeune fille aux yeux vairons et à la personnalité pareille, Lucie.

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Ils sont de plus en plus présents dans mon biotope. Ils m’entretiennent de moult sujets, sur un ton assez « conversationnel », léger, parfois désinvolte. On garde l’apparence de la normalité. Mon faux pas, mon faux départ n’est pas ignoré, mais il est encadré dans des coordonnées supportables… Comme si la mort n’était pas bien installée en et autour de moi. Comme si eux-mêmes étaient des gens normaux, cdes gens comme tant d’autres, comme tous les autres ; comme si je n’allais pas leur mourir..

Je ne hais pas aujourd’hui. Le monde est trop petit pour ma haine.

*

...amour... ...humour...

...chrysanthèmes coupées... rosée... (...miracle...)

*

On veut s’emparer de cette chose extrêmement rare. On veut suivre le processus de transformation de la haine, de sa souffrance en processus auto-éducatif. On veut y toucher. On essaie de se tailler une liberté particulière, la sienne. On essaie de s’auto-conquérir. Étrange impulsion ! Le socratique « connais-toi-même » s'avère nul. On pratique, en revanche, le cannibalisme psycho-spirituel.

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Je découvre des nouvelles composantes de moi-même. Notamment, mes organes. En règle générale, je ne les sens pas. Je les ignore avec superbe jusqu’au moment où la douleur se manifeste.

Aujourd’hui, je les sens. Ils s’éloignent les uns des autres.

J’ai plus d’organes que je ne le savais. J’ai des organes pour lesquels il n’y a même pas des noms.

Mon existence, englobante, supérieure, se manifeste autrement que tout-à-l’heure. Ma sensibilité, modifiée sous les coups des nouveaux stimulus adressés à (créés par) des organes modifiés, voire nouveaux, m’envoie tantôt dans un monde dont la sagesse est innocente et instinctive, animale, tantôt dans un cosmos d’erreurs ou, plus grave encore, de fautes commises naguère et qui se font douloureusement métaboliser aujourd’hui. Je vis dans une espèce de pré-passé dont je ne suis pas responsable tout en étant pourtant redevable.

 

 

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20 décembre 2019 5 20 /12 /décembre /2019 09:59

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 37

 

On dit que les enfants ressemblent à leurs parents. Question d’hérédité. Soit ! Mais pourquoi ?

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Je vois avec une clarté plus qu’exemplaire la haine émergée de nous, la haine qui nous ensevelit ensemble, mes enfants et moi. Cela ajoute plus d’objectivité à la vérité suivante : depuis mon retour, nous sommes tombés malades, nous sommes tous des malades aujourd’hui. Moi, tourné vers la mort, mais empêché d’y accéder. Eux, tournés vers moi, m’empêchant de partir et en se remplissant au fur et à mesure d’une mort qui n’est pas la leur, qui génère des effluves malsaines ; une mort malsaine, mauvaise.

 

 

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17 décembre 2019 2 17 /12 /décembre /2019 22:08

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 36

 

Savez vous ce que je viens de faire ?

Je n’ai pas dit à Jocelyn qu’il ne connaîtra jamais l’amour, jamais Dieu. Je me suis abstenu de lui parler de la joie, du bonheur, du chagrin ou du malheur de l’amour ; de Dieu. Il est trop fonctionnaire sup pour ça. Pour lui, les choses puissantes, doivent être simples, c’est à dire brutales. L’expression langue-boisée sèche est la seule concevable.

Je n'ai pas une vraie place dans sa vie.

Je ne lui ai pas dit sèchement qu’il ne rencontrera jamais la grâce de l’amour. Ni celle de Dieu.

Le goût empoisonné de ma simple prise de conscience à son égard m’était suffisant.

C’était le soir. Il rentrait d’un voyage (« important », je suppose) aux États-Unis. De l’aéroport, avant de se diriger vers son appart « de fonction » où l’attendait son mignon, il s’est empressé de passer me voir. Il se sentait bien ainsi : personnage important, responsable et fatigué, qui, avant d’aller se coucher (pour un sommeil hyper-mérité), passait voir son moribond de père…

La sensation qui a traversé tout mon trajet gastrique, du trou du cul au bout de la langue, a eu quelque chose d’électrique et de chimique. C’était de l’inconnu. C’était de l’agréable. C’était du nouveau.

Je ne lui ai rien dit. Rien. Rien. Rien !

Le futur, qui cache l'immense majorité des choses, existe toujours et encore ; à l’infini.

Mais le passé alors ?

Moi, je n’en ai plus besoin. Le présent me suffit. Parfois, même le présent est de trop.

Jocelyn n’aimera point ! Jamais ! Ce qui lui est réservé, c’est du rien et du jamais.

Quant à moi, je me meurs.

 

 

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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 15:15

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 35

 

Le roquet-médecin s’émerveille devant moi au sujet du principe d’Archimède. Un corps solide immergé dans un liquide se verrait débarrassé d’une partie de son poids, proportionnellement à son volume ou, ce qui revient au même, au volume du liquide disloqué.

- Sinon, dit-il, votre cerveau serait écorché, tuméfié, gravement abîmé dans la boîte osseuse qui l'enferme. Pareil pour le fœtus, dans le ventre de sa mère. Ce ne sont pas des tumeurs, ni des hernies, le cerveau et le fœtus. Tenez ! Si l'on considérerait que le vrai cerveau de la femme c’est le fœtus qu’elle fait baigner dans le liquide amniotique de son ventre ? Je veux dire que la femme pense avec – et par-lui. Au mieux, on pourrait considérer qu’elle possède deux cerveaux qui, aussi distincts et différents qu’ils soient, gouverneraient cet être étrange qui donne naissance à des enfants. Je veux dire, aux nôtres.  

Il en est fier. Ses tentacules de petit médecin ayant toute la vie devant lui, pénètrent dans ma chair flasque qui laisse la vie – ma vie ! – s’écouler, s’évanouir… Ma vie !

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Ma vie !... Je n’ai plus de mort.

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Je pense au trou ouvert dans mon crâne et je ne sais plus où il finit mon intérieur. Ni où il commence. Je ne sais pas si mon extérieur a un début ; ni une fin.

Pour ce qui concerne l’au-delà, mon post-souvenir amène à la rampe un monde renversé et retourné. Mes premières représentations, que je considérais intérieures, y deviennent des réalités externes, d’un autre monde.

S’il était vrai qu’un jour nous parviendrons à ne plus vouloir/pouvoir faire la différence entre la vie et la mort, moi, j'étais un des précurseurs.

 

 

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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 09:56

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 34

 

Seul, seul, seul de chez seul. C'est atroce.

Parti, revenu, la même chanson. Seul, toujours seul.

Me voilà, me revoilà ! Bingo ! Seul, toujours et encore seul !

Et ceci pour que cela continue.

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Atroce.

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Me revoilà dans ce lit qui sent moi-le-Vieux-qui-ne-peut-pas/veut-pas-mourir. La sensation est spéciale, retournée comme un gant. C’est du post-sentiment. Son contenu n'accepte pas la parole. Son environnement, pareil.

L’au-delà grouille des choses qui non seulement expliquent mais justifient notre existence. Des choses qui donnent un contenu au jeu conceptuel assez douteux, imposé par la langue inter, intra et/ou trans-humaine, qui donnent une valeur, un prix à notre existence. Qu’est-ce que l’on pouvait être, qu’est-ce que l’on aurait pu être lorsque l’on était, lorsque l’on fut Je Suis – pour que finalement on soit plus rien ?

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Seul suis-je parti. Seul suis-je revenu.

Seul.

Entre deux solitudes, le rien existe seul. Mon existence a été interrompue par du rien. L’inexistant m’a fracturé, m’a interrompu. Le rien, l’inexistant se sont avérés actifs, en vie.

Il y a des moments où j’existe ; d’autres où je n’existe pas ; et d’autres encore où j’existe et n’existe pas en même temps. Voilà ce qui est vrai !

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À quoi bon regarder vers le futur ? L’existence et l’inexistence y font corps commun. Soupe commune. Pot au feu. Bouillabaisse. Tchorba. À quoi bon les regarder ?

 

 

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6 décembre 2019 5 06 /12 /décembre /2019 10:42

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 33

 

Tombé. Genou gauche foutu. Par bonheur, c’est toujours à gauche que ça se passe. De toute façon, elles ne servent plus à grande chose, ces jambes. Tu parles d’un bonheur !

J’ai eu mal.

Je suis moins étourdi, maintenant, après quatre jours de merde.

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Vision : nous, les Occidentaux, nous n’avons presque plus de peuple(s). À peine avons nous encore des familles.

Ça porte un nom : civilisation.

 

 

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4 décembre 2019 3 04 /12 /décembre /2019 08:46

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 32

 

Je regrette de ne l'avoir pas violée. Le bonheur l'a faite trop belle pour qu’elle soit issue de mes tripes… Elle m’est extérieure, étrangère. Et, comme toute femme extérieure, étrangère, elle doit être baisée. Elle existe, elle est faite pour être baisée.

Mon regard a été probablement parfaitement parlant. Plus que. L’expression de ma fille est devenue plus que spéciale. En tant que descendante des filles de Loth, elle éprouvait le plaisir pécheur, interdit, mais aussi le ressentiment écœurant à l’égard du Diable. Tout en rongeant mes entrailles, Belzébuth s’agrippait à sa vie de Magali ; comme une tique.

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Elle n’a pas pleuré. Elle s’est contentée de faire pousser intérieurement un arbre silencieux de haines, haineux, malsain, malfaisant.

Elle a baissé le regard. Elle a pris congé de moi.

Une fois à la maison, elle a eu une forte hémorragie.

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Elle a effrayé tout le monde. La femme s’écoulait d’elle. Le sang l’emportait. Magali ne mourait pas, je le sais avec certitude, mais elle quittait sa condition de femme fertile. Elle somatisait le choc que je lui avais administré en regrettant de ne pas l’avoir violée. Le choc que le Mal lui avait administré.

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Ce n’est pas un cancer. (On vient de lui envoyer les résultats des analyses.) Ce n’est même pas un kyste bénin. C’est la ménopause. Elle n’est pas morte. Elle a certainement encore à apprendre et à souffrir.

Bonté, beauté, ménopause, crâne trépané, ne pas mourir.

 

 

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3 décembre 2019 2 03 /12 /décembre /2019 09:33

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 31

 

Je suis terrassé ! La salope !

Je parle de Magali. Voilà !

Voilà ce qu’elle aurait trouvé dans sa vie ! Cette pépite affreusement précieuse, palpitant plus intensément que la vie même. Voilà ce qu’elle aurait fait de sa vie !

Amour ! Beauté ! Dieu !

Elle laisse croire avoir touché à la félicité. Je ne sais pas si elle est bonne. Un homme bon, je veux dire. Elle est une femme. Pas de Christ femme, dans ce monde. Mais, Christ... Aurait-il été... bon ?

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Je ne suis pas en mesure de mettre des mots convenables sur la bonté et sur la beauté. L'être de lumière qui paraît vouloir me recevoir, mais qui m'a rejeté, détenait ces truc, la beauté et le bien. Et moi avec. Il prenait possession de moi. J'étais élevé à un stade supérieur d'existence. Il me donnait le pouvoir de les recevoir. Aussi celui de les faire jaillir. De les libérer.

...Mais ça n'est plus valable. Le bonheur de tout à l'heure n'est plus qu'un souvenir ou peut même pas, un rêve.

Je malmène, je maltraite Magali. Je crois trop à sa félicité inconsciente. Je suis horriblement jaloux. Je ne suis pas capable de faire face à cette réalité. Et ça me manque. Terriblement. Je parle du bonheur. J'en suis jaloux. Jaloux ! Jaloux ! Impossible d'être bon. Beau non plus.

Le manque est d'autant plus ressenti que je les ai vécu ces satané de bien et de beau. L'être de lumière s'est emparé de moi. Avant de me rejeter. Avant de me les reprendre. De me les faire perdre. Depuis, je suis... empoisonné. Plus que contaminé : empoisonné. Un poison doux, très doux, mais poison. Clairement. Une drogue. Je suis en manque. Mais ma souffrance n'est pas trop grande. Je ne suis pas un être dostoïevskien. L'enfer ne s'est fait pas connaître.

Je suis seul. En vie, je crois.

 

 

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 08:23

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 30

 

- Je ne comprends toujours pas ce que tu fabriques avec ce bridé ?

Ma cible, cette fois, c'est Magali. C’est comme si ce n’était pas moi qui aie parlé. Voilà. Possédé, je parle sans parler. Une machine. Une machine à rouler des bêtises.

Pourtant, je ne dis que la vérité.

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Qu’est-ce que l’on fout ici, près de mon lit ?

Je me sens à l'aise dans ma peau de caméléon. On roule des yeux indépendants ; on déroule sa langue gluante ; on la lance à une vitesse hallucinante ; à des distances impossibles ; on attrape l’insecte : l'attroupement autour de son lit. On avale. Ça tient au corps.

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Manger avec une seule main, n’est pas évident. Boire, ça va encore ! Mais manger ! C’est démoralisant.

Je mange sans mesure. On ne se prive pas de me le faire observer.

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Être dans une cage. On se fait observer. On s’observe soi-même. On se déshumanise, par sa mort ; on s’animalise, par sa vie.

C’est lourd sans discontinuer. Son esprit s’est laissé engrener dans ce mouvement descendant vers le centre terrestre. La gravitation transfigurée en lourdeur paraît être le seul chemin possible à suivre.

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Magali m’a raconté aujourd’hui le moment où elle s’est laissée séduire par son Alain. Faisons court. D'abord, disons que le bridé adopté a une sœur non-bridée, « naturelle ». C'est souvent comme ça. Sous le coup de l'adoption réalisée trois ans auparavant, la mère adoptive, libérée, tombe enceinte. Ce fut le cas avec la mère adoptive de Yun Ch’angsik, la Khmère.

Le petit Yun Ch’angsik lui aurait dit, en parlant du bébé à venir :

- Maman, tu l’aimeras, quand même, n’est-ce pas ? Tu l’aimeras, même si tu ne l’as pas choisi, toi, n’est-ce pas ?

Elle l’a aimée (c’était une fille) ; notamment autant qu’elle a aimé l’autre, le premier, le choisi, le plus que choisi, l’élu.

Magali tremblait en me racontant tout ça. Elle avait rencontré quelque chose apparenté au bonheur.

Avec des gens de la race d’Alain, qui peuvent inoculer le bonheur, l’espèce humaine n’est pas en danger. Le bien siège dans son sein, se cache dans les détails.

 

 

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29 novembre 2019 5 29 /11 /novembre /2019 09:16

Quatre formes nécessaires de folie obligatoire – Mourir 29

 

Dans le ventre maternel, j’ai été pressé. Ou, plutôt, compressé. On peut dire aussi le contraire, que c’était moi qui pressait. Mes cellules, en se multipliant, augmentaient mon volume. Le volume passait en pression. C'était la loi.

On dit que le fœtus, s’il ne goûtait rien, s’il n’avait aucune idée de ce que respirer voulait dire, si voir y signifiait tout autre chose que « dehors », il… entend. C’est ce que l’on dit. Mais ce n’est pas vrai. Il n’entend pas : il sent les vibrations (particularisées par le corps qui l’enveloppe). Ce n’est pas Mozart et Beethoven (tiens, Beethoven, quel bel exemple d’audition par vibrations), ni The Beatles et Elvis qui formeraient le fœtus, même si la mère dormait avec la chaîne hi-fi allumée dans ses bras. C’est le corps maternel, qui vibre autour, qui vibre, c’est à dire, avec le glomérule en voie de développement qu’il cache dans son ventre (fausse cavité), qui envoie des pressions à ce glomérule.

Même la soi-disant fécondation, précédant, paraît-il, l’être, est une histoire de pression. Le spermatozoïde, paniqué, meurt parce que pressé, heurté contre et englouti par l’ovule qui, quant à lui, tout aussi paniqué que son agresseur, meurt pour avoir été cerné et heurté/pressé par des millions de spermatozoïdes partouzards et violeurs et pour avoir avalé un d’eux

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Dufayer, insomniaque pendant ses gardes, est venu me voir. Nous avons bavardé un peu. Gentil, le chiot. Pas encore de petite amie stable, qu'il dit. (Et Lucie, alors ?) Il jappe dignement et avec beaucoup de détermination à ce sujet. Quant aux enfants, ce n’est pas à l’ordre du jour… Ils peuvent attendre encore… L’expression m’a frappé. Vous voyez, eux, les enfants, peuvent encore attendre. Ils sont là, quelque part, mais leur heure n’est pas encore arrivée. Et pourquoi, s’il vous plaît ? Parce que lui, le chaman, en aurait décidé ainsi ! Il n’y a rien de miraculeux peut-être dans la conception et dans la naissance d’un enfant. C’est même régulier ! Mais est-ce qu'il se peut qu'un enfant puisse rester un projet et ne pas voir le jour ? Voilà qui est troublant ! Et le fait qu’un peu de magie pourrait changer tout, non seulement la face mais l’essence, la nature des choses, est encore plus déconcertant. Bien sûr, je ne parle pas seulement de l’insémination in vitro ou du clonage, mais aussi du chamanisme et de la sorcellerie ; je parle des traditions acceptées dans ce monde, visitées de temps en temps par des savants-archivistes (des « historiens des religions »), pour les séparer mieux encore du présent amorphe et ennuyeux, qui devient irritant et sans aucun intérêt en l’absence du passé et de l’avenir qui, eux, à leur tour, n’ont aucun sens, aucune justification en l’absence de Dieu.

Quant à Dieu, sa raison d’être me paraît absolument évidente et certaine. Elle ne peut être que l’amour.

Voilà de quoi je parle.

 

 

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